miss_binou
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Je regarde Aby ranger ses bagages avec ce faux sourire sur ses lèvres.
Il y a tout juste une semaine, elle est arrivée chez moi, en pagne et T-shirt, les lèvres en sang et le corps tout endolori par les coups. Son mari l'avait battue, encore une fois, devant sa belle-mère et sa belle-sœur, sans que l'une d'elles n'essaye de lui venir en aide. Aujourd'hui, Aby est allée déjeuner avec son mari et elle a décidé de rentrer continuer sa misère.
J'en veux à Aby tellement. Combien de fois lui ai-je dit : « Aby, divorce de cet homme. Goor diarul reyy sa bopp. Goitre guey deff legui. » (Un homme ne mérite pas que tu te sacrifies, tu finiras par avoir le goitre.)
Mais non, Aby voulait rester dans son ménage. À cause de qui ? La société.
Cette société qui leur dit :
Yokkal sey feem, goor mom ndigu bi rek.
(Augmente tes astuces, satisfais son bas-ventre.)
Ah djigueen dey mougn, seuy mom mougn rek.
(Une femme doit être courageuse et prendre sur elle.)
Nioun sey ndey mougn negn louko raw.
(Nous, tes mères, nous avons souffert pire dans nos ménages.)
Goor mom kouni bakhna sa baye motakh.
(Qui dit qu'un homme est bon, c'est pour ton père.)
Manii sa baye sax kersa mtx wayei messul bakh. Société bii moy assassin nak. Wa mani fou société bi nekonn ba goitre di reyy djigueen gni.
(Moi, je dis que même ton père est mauvais, seulement la honte nous empêche de l'avouer. La société est l'assassin des femmes. Mais où est-elle lorsque le goitre tue ces femmes ?)
Sama yaye dh guissoul société bouko taxawou kerok bamouy soukourate feuleii sa hopital principal. T monté société beikoko yobeii.
(Ma mère n'a pas reçu le moindre soutien de la société lorsqu'elle était mourante sur son lit à l'hôpital Principal. Alors que c'est la société qui lui a infligé cela.)
Vous l'avez compris, j'ai une terrible dent contre cette société et ses règles