dellasdake
Je suis née dans une époque où l'on m'a appris à baisser les yeux.
Dès mon plus jeune âge, on m'a montré ce que signifiait être une "femme" selon la société : croiser les jambes en silence, sourire poliment, faire la vaisselle, s'occuper du foyer sans se plaindre. On m'a appris que ma place était à la maison, dans l'ombre, à accomplir les corvées sans jamais réclamer plus. Dans ce monde façonné par des règles qui n'étaient pas les miennes, on m'a fait comprendre que servir était un devoir, et que rêver était une folie.
On m'a expliqué que mon destin était d'attendre. Attendre de me marier, d'avoir des enfants, d'obtenir l'autorisation de vivre comme si ma vie m'appartenait. On m'a appris que je ne devais jamais me croire l'égale d'un homme - encore moins sa supérieure. On m'a dit que voter n'était pas pour moi. Que parler fort, penser librement, me battre pour mes idées étaient des choses indécentes pour une femme.
Mais je sais qu'au fond de moi, il existe une chance, une lueur d'espoir, cette possibilité de m'échapper, de m'affranchir des chaînes invisibles qui me maintiennent dans l'ombre. Cette conviction, aussi fragile soit-elle, brûle en moi comme une flamme qui ne demande qu'à grandir. Je sais que je peux être libre, que cette liberté est à ma portée, et rien ni personne ne pourra m'empêcher de la saisir. Je m'appelle Juliette Hamilton, et voici mon histoire.