Norstory
J'ai toujours cru que les histoires de mafieux appartenaient aux livres, à ces récits sombres que l'on dévore en sécurité, convaincue que la réalité, même violente, n'atteint jamais la précision froide de la fiction.
Je lisais pour comprendre le monde, je voyageais pour m'en éloigner, certaine que le danger se reconnaît, qu'il s'annonce, qu'il porte un visage évident.
L'Italie m'a prouvé le contraire.
Rien n'a été brutal au départ. Tout s'est installé lentement : les silences, les regards qui duraient trop longtemps, cette impression persistante d'être observée sans jamais savoir par qui. Puis il y a eu lui - calme, méthodique, parfaitement conscient de l'effet qu'il produisait sans jamais chercher à séduire.
Il ne m'a pas attirée.
Il m'a identifiée.
Je ne suis pas tombée amoureuse d'un chef de gang.
Je me suis retrouvée dans son monde sans y être invitée, face à une réalité où le pouvoir ne crie pas, où les décisions se prennent dans le silence, et où l'innocence n'est qu'un détail qu'on apprend à exploiter.
Je ne crois toujours pas aux contes de mafieux.
Mais je vis désormais dans une histoire où chaque pas est surveillé, chaque choix a un prix, et où certaines fictions existent uniquement pour nous prévenir de ce qui nous attend quand elles deviennent réelles.