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Tourcoing, 1893. Dans une courée où l'eau se tire à la pompe et où le pain se coupe avant la faim, les Mullié vivent au bord du compte. Auguste part chaque matin vers la salle chaude du peignage, Rosalie tient la maison avec des gestes exacts, Jules apprend à écrire son nom, Léonie entre peu à peu dans le blanc surveillé des offices bourgeois.
Autour d'eux, l'usine note, l'épicier marque, le bureau de bienfaisance inscrit, l'école promet. La frontière belge apporte Isidore et son sac, un peu d'argent, un peu de honte, des mots venus de Menin. Puis viennent la maladie, les flacons, les certificats, l'hiver, le poste bas.
Roman social-naturaliste, La Courée observe une famille ouvrière sans la hausser en symbole ni la réduire à sa misère. Ici, les drames ne tonnent pas : ils se déposent dans une miche, un linge, une ardoise, un cahier, un seau vide.