Coupable d'exister

Coupable d'exister

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WpMetadataReadMatureComplete Thu, Aug 11, 2022
J'avais huit ans. J'avais mal, j'avais peur, et je voulais mourir. Je pensais que tout allait enfin finir, quand les secours sont arrivés. Ils me demandaient de m'accrocher et, malgré moi, je les ai écoutés. D'un coup, il y avait du bruit partout : des hurlements, des sirènes, des ordres criés dans tous les sens... Puis, plus rien. Le noir était total. J'étais perdue, mais ma conscience me soufflait ces trois petits mots : "c'est ta faute". Je l'avais cherché. À cause de moi, ma famille avait été malheureuse, puis détruite à jamais. Ils me détestaient... Mais pas autant que moi je me détestais. J'étais coupable... Coupable d'exister. *NDA : si vous êtes un enfant ou un adolescent et que vous pensez être maltraité ou que vous pensez que quelqu'un l'est n'hésitez pas à en parler avec une personne de confiance ou à appeler le 119 (numéro d'appel d'urgences)* Cover by @blanspoir
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Un ange

Dans le jardin, chez mon père, se trouve un recoin où personne ne va. Personne d'autre que moi. Je l'ai découvert à l'âge de huit ans alors que j'explorais les lieux pour la première fois depuis l'emménagement, après le divorce de mes parents. Cet endroit calme se trouve dans l'angle entre la haie de hauts sapins et le coin de la petite cabane délabrée qui n'a jamais été utilisée. Tout au fond du jardin. À un mètre de là, il y a un grand chêne qui - en plus de protéger ce coin de la pluie - rend presque invisible ma cachette. J'avais occupé quelques après-midis à enlever les ronces et à nettoyer ce lieu qui deviendrait rapidement mon refuge et n'en avais parlé à personne depuis toutes ces années. C'était mon endroit à moi, celui où je pouvais aller lorsque j'allais mal, où je pouvais réfléchir, me ressourcer, être tranquille, être seule. Ce lieu de sérénité contrastait terriblement avec ma vie actuelle, remplie de tourments et de tristesse. Treize ans, pensent les adultes, c'est l'âge où l'adolescent déprime un peu pour rien, se rebelle contre l'autorité, est inintéressant et immature ; à treize ans on n'a pas vraiment le droit d'être triste parce qu'apparemment, on a pas une vie difficile, on n'a pas assez vécu pour connaître le malheur, on n'a rien à gérer, pas de problèmes. Foutaises. Je méprise ma vie, mon collège, ma sœur, mes parents, et surtout mon reflet dans le miroir.

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