Elle passa la main dans sa coiffure, réussissant tant bien que mal à se donner un peu de constance. Je me penchai par-dessus la table, elle frémit mais ne bougea pas, et je redressai sa mèche rebelle une dernière fois. Puis, dans un soupire, je repoussai mon verre et me levai. Elle me regardait de ses yeux grands yeux embués. Elle avait dans le regard cette impression de tristesse mêlée à de l'amertume ainsi qu'une sorte d'inquiétude. Même à cet instant, malgré les paupières rouges et gonflées, elle restait belle. - Où vas-tu ? parvint-elle à articuler la gorge nouée. - Je ne sais pas... Le temps passe égrenant les secondes une à une comme des grains de sable tombant dans un sablier. Je restai immobile debout devant la table, la chaise légèrement repoussée derrière moi. Je me fis la réflexion que le plan serait parfait pour un film.
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