COMPASSION

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WpMetadataNoticeLast published Thu, Oct 5, 2023
Quand mon père est mort, j'ai pleurée. Quand mon frère s'est fait renversé par une voiture, j'ai pleurée. Quand ma mère a perdu son travail et est entrée en dépression, j'ai pleurée. Quand on m'a traité comme une paria au collège, j'ai aussi pleurée. Même quand je m'apprêtais à passer l'âme à gauche, quitter se monde et rejoindre mon père et mon frère, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer encore pour ma mère qui va être seul et finir par se suicider aussi; pour mon père qui n'aime surement ce qu'il voit; pour mon frère qui avait encore toute sa vie devant lui; et pour moi-même que la vie n'a pas épargner les malheurs. Finalement pleurer se résume un peu à vivre vous croyez pas ?
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Il fut un temps où la vie, bien que modeste, nous offrait encore quelques raisons de sourire. Mon père, homme courageux et aimant, était notre force, notre lumière. Sa seule présence suffisait à apaiser nos craintes. Mais ce fragile bonheur s'est effondré en décembre, un mois désormais marqué pour moi par la douleur. J'avais cinq ans et neuf mois quand la mort nous a arraché mon père. Ce jour-là, un vide immense s'est installé, laissant derrière lui une épouse brisée, ma sœur de huit ans, et moi, encore trop jeune pour comprendre, mais assez lucide pour souffrir. Dès lors, plus rien ne fut comme avant. Les rires ont cédé la place aux larmes et à la peur. La misère s'est imposée, brutale. La faim, les privations, les humiliations ont forgé notre quotidien. Trop tôt, j'ai dû abandonner l'école pour affronter la vie, non par choix, mais pour survivre et essayer d'offrir à ma famille un avenir. Ce récit, c'est le mien. Je m'appelle Éric. C'est l'histoire vraie d'un orphelin, blessé par l'absence, marqué par la pauvreté, mais porté par l'espoir et la dignité. À travers ces lignes, je vous invite à revivre ce parcours fait de douleurs, de luttes, mais aussi de résilience. Peut-être que, dans mon histoire, vous retrouverez une part de vous-même.

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