Rien n'a changé depuis que je ne suis plus la même personne, et pourtant tout est si différent.
Je ne suis plus Sacha mais je ne suis pas tout à fait Rune, et entre ces deux identités, mon coeur balance à l'idée de tout ceux que je vais perdre. Mais, en réalité, je les ai déjà perdu.
Sans vraiment savoir quel nom utiliser, je vais reprendre ce vieux pseudonyme qui me servait d'alter ego du monde sans lumière, Larme.
Ne lisez pas si vous ne le sentez pas, prenez soin de vous.
Petit bouquet de ronces ténébreuses et maussades qui renferme en son cœur quelques fleurs de l'Éden.
Chaque ronce en sa sève porte l'admiration pour ces mandalas conçus par le grand Architecte ; le long de leur tige les épines sont placées dans un intervalle se voulant toujours régulier avant d'être associées deux à deux sous l'aiguiseur, chaque binôme ayant un schéma tout tracé, de sorte qu'un œil vétéran puisse en contempler la correspondance au millimètre près.
On tombe quelquefois sur une tige vieillie ; les feuilles sont séchées et les pointes imparfaites. Quand on l'observe plus, on voit qu'un jardinier, débutant certainement, a cru bon d'y graver l'époque où elle venait d'être fraichement coupée.
Mais le fleuriste a vu dans leur rude nature une beauté mystique, un charme taciturne ; il les a donc unies en ce présent bouquet dont il voudrait prouver la parfaite harmonie en l'exposant ainsi à qui voudra le voir.