Nous sommes en l'an 2112, au coeur du vingt-deuxième siècle. Notre Terre, berceau de l'humanité, se meurt, asphyxiée par des siècles d'exploitation aveugle. Les ressources vitales épuisées, notre monde est désormais inhabitable. Mais l'esprit humain, indomptable, a repoussé les limites de la science pour forger un espoir au-delà des étoiles : une exoplanète, semblable à notre Terre à 85%, nous tend les bras.
Mais voilà, face à une population de plus de 7 milliards d'âmes, le rêve d'un exode massif se heurte à une réalité glaciale. Seuls quelques-uns pourront faire ce voyage. Dans un geste désespéré pour préserver l'avenir de l'humanité, les grands dirigeants mondiaux ont lancé le Projet Arcane : une sélection rigoureuse basée sur l'intelligence, le rang social, la productivité, et la morale. Seuls les plus méritants auront le privilège de fouler le sol de cette nouvelle Terre.
C'est ainsi que le visage de l'Architecte du Projet apparaît sur tous les écrans du monde, prêt à répéter cet parole , maintenant célèbre et redouté : « Par nos propres fautes, la Terre est devenue un dépotoir. Cette nouvelle planète, notre espoir renouvelé, doit être peuplée par des êtres exceptionnels, ceux qui prouveront qu'ils méritent vraiment de vivre. » Les mots résonnent, lourds de conséquences, tandis que le destin de millions se joue sous les étoiles lointaines.
L'idée d'écrire cette histoire m'est venue avec cette fameuse prophétie maya qui annonçait la fin du monde pour le 21 décembre 2012.
Je vais tenter de vous exposer ici ma vision de la fin du monde... ou plutôt: de la fin d'UN monde.
Cette vision me paraît être une hypothèse plutôt vraisemblable. La qualité principale de l'Homme n'étant pas la sagesse, il ne faudrait pas grand chose pour qu'elle se réalise demain: un ou deux fous et après l'effet domino se chargerait du grand accomplissement funeste.
Des gars paumés, comme le personnage principal de mon histoire qui tenteraient de rester hors des nouveaux systèmes en cours d'établissement, sûr, il y en aurait. Leur espérance de (sur)vie ? Peut-être des gars qui auraient déjà des prédispositions pour ce genre de vie: des antisociaux ou déjà se sentant des exclus, des parias de l'ancien monde, dont le caractère timoré serait obligé de s'affirmer fortement.
Une période grandement troublée où certains seraient en quête simplement d'un sens nouveau à cette obstination à survivre qui caractérise chaque être vivant.
Le personnage principal de cette fiction est-il un type bien pour autant ? Pas sûr. D'ailleurs, dans ce monde en proie au désordre serait-il possible de rester quelqu'un de bien ? Comme tous les autres, il ne voit pas l'horreur, l'indicible... Pire, il les vit, y participe peut-être, à sa façon. S'il ne sombre pas complètement, peut-être est-ce parce qu'il lui reste quelques reliquats d'humanité de l'ancien monde... tout simplement. Mais au final, je crois que seul le lecteur pourra porter un jugement objectif sur Fabrice, qu'il suivra tout au long de sa fuite en avant, à la poursuite d'un destin perdu... ou à trouver. Peut-être finalement n'était-il qu'en sursis dans l'ancien monde et qu'il ne vivra, ne s'affirmera véritablement que dans ce nouveau monde en plein désarroi.