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Les couloirs changeants

Les couloirs changeants

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WpMetadataNoticeÚltima publicación vie, ene 10, 2025
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Ficción
Terror
Depuis qu'il est entré au collège, Adrien a toujours perçu l'école comme un lieu oppressant, un dédale hostile où chaque détail - les sons amplifiés, les lumières trop vives, les mouvements incessants - s'impose comme une agression à ses sens exacerbés. Diagnostiqué autiste, il a appris à composer avec son hypersensibilité, développant des routines strictes pour éviter la foule et le chaos. Mais au lycée, ce fragile équilibre bascule.
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Un ange

Dans le jardin, chez mon père, se trouve un recoin où personne ne va. Personne d'autre que moi. Je l'ai découvert à l'âge de huit ans alors que j'explorais les lieux pour la première fois depuis l'emménagement, après le divorce de mes parents. Cet endroit calme se trouve dans l'angle entre la haie de hauts sapins et le coin de la petite cabane délabrée qui n'a jamais été utilisée. Tout au fond du jardin. À un mètre de là, il y a un grand chêne qui - en plus de protéger ce coin de la pluie - rend presque invisible ma cachette. J'avais occupé quelques après-midis à enlever les ronces et à nettoyer ce lieu qui deviendrait rapidement mon refuge et n'en avais parlé à personne depuis toutes ces années. C'était mon endroit à moi, celui où je pouvais aller lorsque j'allais mal, où je pouvais réfléchir, me ressourcer, être tranquille, être seule. Ce lieu de sérénité contrastait terriblement avec ma vie actuelle, remplie de tourments et de tristesse. Treize ans, pensent les adultes, c'est l'âge où l'adolescent déprime un peu pour rien, se rebelle contre l'autorité, est inintéressant et immature ; à treize ans on n'a pas vraiment le droit d'être triste parce qu'apparemment, on a pas une vie difficile, on n'a pas assez vécu pour connaître le malheur, on n'a rien à gérer, pas de problèmes. Foutaises. Je méprise ma vie, mon collège, ma sœur, mes parents, et surtout mon reflet dans le miroir.

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