Taïka - Le Dernier Rempart
« Je tente de résister, de repousser le fracas de leurs agonies, mais ces voix me gardent éveillée dans le noir et m'aspirent vers le fond ; leurs cris me hantent, leurs morts m'assaillent, et ma raison s'effondre. Et dans ce tumulte de secrets et de sang que je ne peux oublier, chaque nouvel Écho résonne comme une funeste harmonie. »
- Chroniques d'Ynula, fragments anonymes.
Aredhel est tombée. Alacanth l'a ravagée.
Terrés au sud de la capitale dévastée, Pixx, Zalma et Ilfenn ne sont plus que des ombres en exil. Le groupe vacille, miné par le désespoir et les non-dits. Pour l'Aédelfien, le monde s'est arrêté ce jour où Isélia a disparu, où Dusack les a abandonnés et où son frère Ranks a libéré Alacanth pour engloutir le monde des Hommes dans une mer de feu et de sang. Quant à Pixx, sa traque prend un tournant obsessionnel : s'il sait enfin que son père est en vie, le jeune homme doit composer avec le fardeau d'une prétendue princesse arrachée au cœur de la bataille, tandis que le Sceau du Poison inoculé dans sa chair le consume à petit feu. Entre trahisons inavouables, chemins perdus dans le givre et prophéties utopiques, ils s'apprêtent à découvrir que sur la péninsule, le blanc et le noir n'existent pas, il n'y a plus ici-bas que des nuances de survie. Une survie dérisoire. Car tandis que les mortels s'entre-déchirent dans une guerre civile insensée, au sud, les Drëths se mettent en marche, prêts à fondre sur une péninsule déjà à genoux, pour engloutir ses derniers feux.
« Dans ce monde à l'agonie, l'innocence est une proie de choix pour ceux qui veulent réécrire le Destin. »