Murmures 1915

Murmures 1915

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Une femme. Une voix douce. Il lui suffit d'une mèche blonde, d'un regard qui s'attarde, pour ébranler un lieutenant. Rien n'était prévu. Et le trouble naît - dans un frôlement, un souffle, un silence suspendu. Mai 1915. Avant que la guerre n'engloutisse tout, il reste des parenthèses. Louis, lieutenant d'infanterie, revient du front pour quelques jours de repos. Il retrouve l'arrière comme on retrouve un monde oublié - les odeurs de jardin, le silence des vieilles maisons, la lenteur d'une chaise tirée sous la treille. Et là, Marie. Belle, secrète, troublante. Une voix douce, rare, posée. Une mèche blonde toujours rebelle, un regard qui attend sans supplier. Dans ces premiers épisodes, les gestes s'effleurent, les silences se peuplent, les regards s'apprivoisent - jusqu'à ce que la lumière d'un dîner d'été dise ce que les lèvres n'osent encore. À l'abri provisoire des canons, Murmures 1915 explore ce qu'un souffle peut révéler, quand le temps presse et que les corps hésitent encore.
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⸻ Même dans les pires moments, nous rencontrons l'amour. Il n'a fallu qu'un jour. Une simple journée. Grise. Ordinaire. Du genre qu'on oublie avant même de la vivre. Et pourtant... ce fut celle où tout a basculé. Avant, ces histoires servaient à faire peur aux enfants. Des récits de fin du monde, murmurés à la lueur d'une lampe, ou glissés entre deux soupirs fatigués. Des contes pour effrayer, ou pour rappeler à l'humanité qu'un jour, à trop jouer avec la nature, elle finirait par s'y brûler les racines. Mais personne n'écoutait vraiment. On riait. On balayait d'un revers de main. On disait que c'était du cinéma. Un scénario d'un film. Jusqu'à ce que les fleurs apparaissent. De simples fleurs. Bleues. D'un bleu si pur qu'il semblait voler sa teinte au ciel de minuit. Elles poussaient là où rien ne devrait grandir. Sur le béton . Sur les murs. Dans les yeux. Se développant à cause d'un homme pourvue au désespoir, sans aide, juste pour seul problème : l'amour. Au début, elles étaient belles. Poétiques, même. Un miracle pour cet homme, qui recherchai a retrouver ça bien aimée. Mais quand elles ont commencé à éclore dans les corps, il était déjà trop tard. Les infectés ne criaient pas. Ils respiraient. Calmement. Comme s'ils rêvaient encore. Puis leurs crânes s'ouvraient... Et la fleur bleue naissait. Noire comme le vide. Bleue comme la tristesse. C'est ce jour-là que Mira a compris que le monde ne serait plus jamais le même. Elle n'était qu'une ado paumée, venue retrouver sa meilleure amie au mauvais moment. Ou peut-être au bon. Elles se sont accrochées l'une à l'autre comme à une bouée dans une mer de boue. Là où les sirènes hurlaient plus fort que les pleurs, où les hélicoptères survolaient les rues comme des vautours indécis. Là où plus rien n'avait de sens, si ce n'est courir. Ils ont barricadé la ville. Ils ont laissé les habitants derrière. Et Mira s'est mise à courir, sans savoir

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