EMPRISE
𝒜𝔫𝔤𝔩𝔢𝔱𝔢𝔯𝔯𝔢, 𝟷𝟾𝟼𝟷.
𝔔𝑢𝑒 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑎𝑖𝑡-𝑖𝑙 𝑑𝑒 𝑠𝑜𝑖 𝑙𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡𝑒 𝑢𝑛𝑒 𝑒𝑥𝑖𝑠𝑡𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑓𝑢𝑡 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑡𝑟𝑢𝑖𝑡𝑒 𝑎𝑢𝑡𝑜𝑢𝑟 𝑑'𝑢𝑛𝑒 𝑎𝑢𝑡𝑟𝑒 .ᐣ
† À la mort du Prince Consort, les alliances se défirent dans l'ombre de la Couronne. Parmi les volontés qu'Albert laissa derrière lui subsista un traité de paix imposé aux Garcia et aux Betler. Deux dynasties pionnières de l'industrie ferroviaire, jadis unies, avant que la haine ne se muât en leur héritage.
Privé de celui qui en garantissait le respect, l'accord se fragilisa, ne tenant plus qu'à quelques signatures abstraites. Déjà, la noblesse s'apprêtait à tirer profit du vide laissé derrière lui, faisant de cette rivalité son plus cruel divertissement et trépignant d'impatience à l'idée du prochain sang versé.
Dix-neuf ans plus tôt naquirent, le même jour, leurs héritiers : Ace Garcia et Evy Betler. Si certains y virent des élus de Dieu, d'autres, en revanche, prophétisèrent un châtiment divin. Élevés côte à côte sur les mêmes bancs d'école, ils grandirent convaincus que leur vie ne trouverait de sens qu'à travers la chute de l'autre : le surpasser ou l'éliminer.
Mais il suffit parfois d'une seule incohérence, d'une fissure à peine visible, pour ébranler une histoire transmise comme une vérité sacrée. Car les plus dangereux mensonges étaient souvent ceux que l'on appelait des prières, et les vérités les mieux enfouies ne reposaient pas dans les récits, mais sous les rails que l'on bâtis.