Chaque matin, il marche jusqu'à la vieille église du quartier.
Il s'assoit toujours au même banc, dans le coin où la lumière peine à entrer.
Il prie sans parler, sans bouger, sans chercher à comprendre ce que cela change.
Il rit souvent, parle avec tout le monde et aide les clients à porter leurs sacs.
On dit qu'il travaille au supermarché du coin depuis des années.
Dans le quartier, on dit qu'il est gentil. Toujours calme. Toujours de bonne humeur.
Il l'est.
Seulement, la bonté n'a jamais eu la même définition pour tout le monde.
Parce que lui, quand il serre une main, il calcule.
Quand il te sourit, il te lit.
Et quand il t'écoute parler, il pense déjà à la manière la plus propre de t'effacer.
Pourtant, il n'a jamais levé la voix.
Jamais tremblé.
Jamais douté.
On dit qu'il travaille au supermarché du coin. C'est vrai.
Mais certains soirs, derrière les lumières blanches et les étagères pleines, il règle des comptes qu'aucun billet ne pourrait acheter.
Il prie chaque matin avant le lever du soleil.
Il croit au ciel, mais il sait une chose :
même la lumière finit par brûler ceux qui vivent dans l'ombre.
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