Madness (H.S)

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WpMetadataNoticeLast published Wed, Dec 7, 2016
Si vous pensez lire une histoire avec, comme personnage, un gros crétin en guerre avec la moitié de la planète, alors vous êtes au bon endroit. Pas que je sois un pro de l'autodénigrement, il faudrait juste pas que vous pensiez que je suis l'une de ces andouilles de bouquins qui s'imaginent être métaphoriquement riche et tout. Il n'y a qu'une seule personne qui compte assez pour moi, et ce n'est autre que moi-même. Ma soeur, son imbécile de copain, mon père, ma mère, Louis mon seul ami, tout ça, c'est secondaire. Et j'ai bien l'impression que c'est partit pour durer pour toujours. Rien n'a plus d'importance que moi-même et pourtant. Pourtant il vous suffit de peu pour changer d'avis. Une bête erreur et je me retrouve en pleins chez les Rossignols, l'aile psychiatrique de l'hôpital et il y a cette gonzesse, vraiment tarée. Sérieux je suis pas le genre de mec qui pense qu'une seule et même personne peut changer votre vie et votre façon de voir les choses, juste comme ça, rien qu'en existant, et pourtant. Il y aura toujours des "et pourtants" pour vous prouver que vous avez tord.
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La folie ordinaire, c'est faire des allers-retours dans des unités de soins qui sentent l'éther et qui forment des microcosmes à eux-seuls. Parce que c'est un large panel de la population qu'on y retrouve, de l'alcoolique chronique à la jeune femme qui s'est défenestrée après avoir vécue les pires atrocités. Les joies de la sectorisation en psychiatrie. C'est partager sa chambre avec une femme de soixante-ans qui souffre autant de dépression que d'ennui, rythmer ses journées au gré des séances avec le psychologues et psychiatres, et ateliers en tout genre, ou Oh ! miracle, avoir le droit de se balader dans le jardin de l'hôpital quelques minutes. C'est surtout cloper, cloper beaucoup, parce qu'il faut le dire, on tourne vite en rond. Et puis la sortie n'est guère plus salvatrice, quand on t'a infantilisé pendant des semaines, avec le repas à dix-huit heures précises et l'appel du traitement à vingt-et-une heure pétante, le retour à la réalité s'avère difficile. Car la folie ordinaire c'est aussi la répétition. L'ordre dans le chaos. Une petite routine bien ficelée, censée contrer toute tentative vaine de ton organisme de céder à ses passions. C'est une lutte perpétuelle contre soi-même, afin de dompter l'indomptable. Et lorsque ton microcosme laisse place à la solitude dans un appartement de 20m2, où aucune infirmière ne siège pour meubler ton vide existentiel, tu deviens ton pire ennemi.

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