Aicha n'était pas une beauté bruyante.
Elle n'avait pas besoin de trop parler, ni de trop montrer son corps pour être remarquée.
Sa beauté était silencieuse, presque timide, mais impossible à ignorer.
Elle avait la peau d'un brun chaud, lisse, qui captait la lumière comme une promesse au lever du soleil.
Quand elle marchait, on aurait dit que la poussière elle-même hésitait à salir ses pas.
Ses traits étaient fins, délicats, dessinés avec douceur :
un nez droit, élégant,
des lèvres naturelles, ni trop épaisses ni trop fines, toujours entre le sourire et la retenue.
Mais ce qui marquait le plus chez Aicha...
c'étaient ses yeux.
De grands yeux noirs, profonds, calmes en apparence, mais chargés de questions.
Des yeux qui regardaient le monde avec espoir, même quand le monde ne lui rendait rien.
Des yeux qui trahissaient parfois sa fatigue, sa peur, et cette innocence qu'elle tentait de protéger.
Ses cheveux, souvent attachés simplement ou couverts d'un foulard, donnaient l'impression qu'elle ne cherchait pas à séduire.
Pourtant, sans le vouloir, elle attirait.
Parce que sa beauté venait plus de son âme que de son apparence.
Aicha avait une démarche douce, presque discrète, comme quelqu'un qui a appris à ne pas déranger.
Elle parlait peu, mais quand elle parlait, sa voix était posée, respectueuse, sincère.
Une voix qui ne criait jamais, mais qu'on écoutait quand même.
À 18 ans, Aicha était encore pure dans ses intentions, même si la vie commençait déjà à salir ses rêves.
Elle voulait réussir, oui.
Mais elle voulait aussi être fière d'elle-même... sans savoir encore que ces deux désirs allaient bientôt s'opposer.
Aicha était belle.
Mais surtout, Aicha était dangereusement vulnérable dans un monde qui se nourrit des rêves des jeunes filles.
Et c'est cette combinaison - beauté, douceur, ambition et naïveté -
qui allait faire d'elle une proie parfaite.
Todos los derechos reservados