Galilée brillait comme un mensonge parfaitement poli. Une ville verticale, lisse, propre en surface, où tout semblait possible tant que l'on restait à sa place. Ici, la réussite était une vitrine, l'art un produit, les corps des supports publicitaires.
On ne vivait pas à Galilée : on s'y exposait.
La ville avait ses règles, invisibles mais absolues. En haut, l'élite intouchable, adulée, interchangeable. Au milieu, ceux qui faisaient tourner la machine sans jamais être regardés. En bas, les oubliés, avalés par les fissures du béton. Galilée appelait ça, l'ordre.
Et pendant que les écrans projetaient des visages parfaits sur des immeubles morts, quelque chose commençait à pousser dans l'ombre. Lentement. Silencieusement. Une vie que personne n'avait prévue. Une fissure dans le béton.
Une feuille.
Minuscule. Incongrue. Vivante.
La nature ne demandait pas la permission. Elle observait, patiente pendant que la ville se contemplait elle-même.
Elle avait oublié une chose essentielle : Ce qui est faux finit toujours par se fissurer.
Et quand la surface craque, ce n'est pas le plastique qui survit.
La guerre est arrivée de nulle part, sans qu'on puisse l'empêcher. Les Elémentaires ont traversé leurs immenses portails luminescents avec un seul objectif : tout ravager sur leur chemin, détruisant jusqu'à la plus faible lueur d'espoir. Ils ne sont pas venus nous envahir, non, ils voulaient simplement nous décimer. L'ironie, c'est que l'humanité doit son salut à ces gens qu'on traitait jusque-là comme des monstres : les mutants. Source de peur et de paranoïa pour notre espèce, et qui sont pourtant devenus nos héros.
Notre gouvernement militaire les a entraîné à se battre et à repousser les Elémentaire pour offrir un avenir aux derniers êtres humains tel que moi. Grâce à eux, il était de nouveau possible d'avoir une vie normale. La mienne l'est restée longtemps, jusqu'au jour où je suis devenue comme eux. Jusqu'au jour où j'ai moi-aussi muté.
A partir de ce moment-là, j'ai perdu le contrôle sur ma vie : mes études, mes amis, mon quotidien. Ils m'ont tout arraché. Maintenant je dois trouver un moyen de retrouver ma liberté, peu importe les obstacles, peu importe le prix qu'il faudra payer. Je la retrouverai. Mais comment faire alors que tout me pousse à devenir mon pire cauchemar et que mon cœur, ce traîte, m'enchaîne chaque jour un peu plus ?
Terminé ✅
🥉3ème au concours francophone 2019-2020 (10eme édition) @ConcoursFrench