Lara Brown connaissait la frontière exacte entre le contrôle et la chute.
Elle l'enseignait.
Elle la décrivait avec précision, comme on trace une ligne blanche sur une scène de crime : nette, indiscutable, infranchissable. Depuis plus de vingt ans, elle formait des esprits à affronter la violence humaine, à anticiper les dérives, à survivre sans jamais se laisser gouverner par l'émotion.
Quarante-sept ans.
Un âge où l'on ne se permet plus l'erreur. Où le désir est censé être rangé, classé, maîtrisé. Où l'on croit avoir enterré les pulsions sous les responsabilités.
L'université n'avait rien d'innocent.
Ici, on étudiait les crimes, les stratégies de défense, les corps en danger, les limites qu'on franchit quand il est déjà trop tard. Les murs portaient l'empreinte de récits brisés, de violences analysées à froid, de fautes irréversibles.
Lara Brown était chez elle dans cet environnement. Respectée. Redoutée. Inattaquable.
Jusqu'à ce qu'Emy Smith entre dans l'amphithéâtre.
Vingt-huit ans.
Une femme.
" Je t'oublierai, je t'oublie déjà, regarde moi comme je t'oublie, regarde moi!"- Marguerite Duras.
De retour à New York et tout juste revenue de la traque de son passé, Emma Volkova retrouve la vie qui lui a tant manqué. Accueillie à bras ouvert par la femme qui l'a protégée durant ces cinq dernières années, la russe se retrouve en proie à la prétendue amnésie de son amour passé. La soif de sang n'est pas la seule chose qui guide la louve, il semblerait que l'amour ait des crocs dont les morsures ne guérissent pas.
Pendant ce temps un chasseur étend au creux de la terre son linceul glaçant.