"Quand le feu s'éteint, que reste-t-il sous la neige ?
Je suis née au Canada, dans un pays assez vaste pour laisser respirer les silences.
Ici, on apprend vite à tenir debout par soi-même. Les distances sont longues, le froid ne pardonne pas, et personne ne te promet que quelqu'un viendra te rattraper.
Mon alter, c'est du plasma. Une énergie instable, dangereuse si on la traite à la légère. Je ne l'utilise pas pour impressionner. Je l'utilise parce qu'il me permet d'avancer, de tracer ma propre ligne, sans demander la permission.
Ce que je ressens quand je l'active, ce n'est pas la puissance. C'est l'espace. La liberté de mouvement. La certitude de ne dépendre que de moi.
Je veux devenir héroïne.
Pas pour être admirée. Pas pour entrer dans un classement.
Ici, ce genre de choses n'a jamais vraiment compté.
On grandit avec l'idée qu'un seul homme a déjà tenu le pays à bout de bras.
Une silhouette dont on ne parle pas à la légère.
Une force qu'on n'explique pas, mais qui a redéfini ce que signifie protéger.
Ce n'est pas un modèle qu'on imite. C'est une ombre immense avec laquelle on apprend à vivre.
Je suis encore en formation. J'apprends les règles, les protocoles, les limites. J'apprends surtout que certaines décisions ne viennent jamais de ceux qui sont sur le terrain.
Et que la liberté qu'on nous promet a parfois un prix qu'on ne découvre qu'après coup.
Les Cendres du Nord, c'est l'histoire de cette époque.
D'une génération qui croyait pouvoir choisir sa voie.
Et de ce qui reste, quand on comprend que même la liberté laisse des traces dans la neige."
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