L'âme nue,
c'est ce qui reste
quand le corps a tout rendu.
Quand le coma a fermé les portes
et que la morgue a appris le silence.
Je me suis retrouvé sans nom,
sans défense,
déposé entre deux néants
comme un dossier oublié
sur une table froide.
L'âme nue ne crie plus.
Elle flotte.
Elle observe la vie de loin,
comme un battement qui n'ose plus
demander s'il est encore vivant.
On m'a retiré les draps,
puis le temps,
puis les illusions.
Il ne restait que moi,
sans chair pour mentir.
L'âme nue marche pieds nus
sur le fil fragile
entre le souvenir et l'oubli.
Elle n'a plus de masque à sauver,
plus de rôle à jouer.
Du coma à la morgue,
j'ai compris ceci :
on ne dépouille pas un homme de son âme,
on la révèle.
L'âme nue entend tout :
les pleurs au village,
les silences en famille,
les regards qui baissent
quand le mot dérange.
Elle sait que je ne suis pas parti par faiblesse,
mais par excès de vérité.
Un mot de trop,
une phrase trop droite
pour un monde courbé.
Aujourd'hui,
si je repose quelque part,
ce n'est pas sous la terre,
mais dans l'écho de ce que j'ai osé dire.
Car l'âme nue ne meurt pas.
Elle traverse.
Elle témoigne.
Elle reste.
@Narrateurkin
Narcisse , Témoin des ombres ignorant du passé.
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