Le 15 décembre 2018, Quentin allait avoir 18 ans. Pour l'occasion, il avait prévu de lire à ses parents une sonate qu'il avait composée. Ses vers disaient :
« Du fond de ma tombe glapissent des étincelles de feu,
Du fond de ma tombe brament les génies,
Du fond de ma tombe je vous écris
Une ode apoplectique pour m'en aller vers l'Amenti. »
Quentin ne lira jamais ces vers à ses parents. Deux jours avant son anniversaire, sa tombe l'a enseveli. Son cœur s'est crispé, ses muscles se sont raidis. Le souffle a quitté son corps frêle et malade. Il s'est éteint, le sourire aux lèvres, par une douce matinée de décembre, emporté par une maladie rare : la myasthénie.
Moi aussi, je suis atteint de myasthénie depuis dix ans. Comme Quentin, mon pronostic vital a été engagé. Mais, par la force des choses, je suis encore vivant. Je suis sorti de ma tombe, j'ai enjambé mon quotidien apoplectique. Une descente aux enfers suivie d'un difficile retour à la vie, jalonnée à chaque instant par des poèmes, qui m'ont aidé à tenir, à lutter, à survivre.
Quentin s'en est allé. Moi, je suis là, parmi vous, porteur d'odes venues d'un monde apoplectique. Aujourd'hui, je souhaite partager mon histoire avec vous, vous dire : « Ce que j'ai demandé au soleil ».
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