Il y a des choses qu'on ne raconte pas vraiment.
Pas parce qu'elles ne comptent pas, mais parce qu'elles restent coincées quelque part entre la mémoire et le silence. Des choses qu'on garde sans même décider de les garder, comme si elles s'étaient installées en nous sans demander la permission.
On grandit parfois sans s'en rendre compte. Pas en âge, mais en poids. Comme si quelque chose, un jour, nous avait doucement poussés un peu trop loin, un peu trop vite, vers un endroit où les autres enfants ne vont pas encore.
Et petit à petit, on apprend à faire semblant que tout est normal. À sourire quand il faut, à répondre quand on nous parle, à continuer les jours comme si rien ne débordait à l'intérieur.
Et puis un matin, sans qu'on sache vraiment pourquoi, on se rend compte qu'on ne regarde plus le monde avec les mêmes yeux que les autres. Et qu'on ne saura plus très bien revenir en arrière.
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