Elle a toujours aimé trop fort.
Depuis longtemps, elle a appris à reconnaître les signes du départ avant même qu'il arrive : les réponses qui se refroidissent, les silences qui s'allongent, les liens qui s'effilochent sans explication. Alors elle s'adapte, se fait plus discrète, plus compréhensive, moins "trop", dans l'espoir d'être enfin quelqu'un qu'on ne quitte pas.
Mais rien ne dure vraiment.
Chaque relation la laisse un peu plus méfiante, un peu plus fragile, convaincue qu'il y a quelque chose en elle qui pousse les gens à partir. Elle tombe dans des histoires où elle s'accroche plus qu'elle n'est aimée, où elle confond l'intensité avec la sécurité, et où le manque finit par ressembler à de l'amour.
Jusqu'au jour où elle rencontre un homme différent.
Calme. Observateur. Distant sans être cruel. Doux sans être faible. Un homme qui ne joue pas aux mêmes jeux que les autres et qui voit immédiatement ce qu'elle essaie de cacher. Avec lui, rien n'est simple : il ne la sauve pas, il ne la détruit pas non plus. Il la confronte.
Et c'est peut-être ça, le plus déroutant.
Parce que pour la première fois, quelqu'un ne part pas. Mais rester ne suffit pas toujours à apaiser une fille qui a passé sa vie à attendre qu'on disparaisse.
Entre attachement, peur, reconstruction et dépendance émotionnelle, elle devra apprendre que le problème n'est pas seulement ceux qu'elle aime... mais la façon dont elle a appris à aimer.
Et la question qui reste :
peut-on aimer sans se perdre, quand on a été construite dans le manque ?
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