Vincent bougea la tête de droite à gauche, régla la vue, puis répéta le même mouvement en sens inverse. Il s'affala sur le clic-clac le visage pâle : - Oh putin ! - Qu'y a-t-il ? - La mer... la mer a disparu. - Comment ça la mer a disparu ? Qu'est-ce que tu racontes ? - Je ne la vois pas. Elle n'est plus là. - Tu n'as pas bien regardé voilà tout. - Non, non, je te dis qu'elle n'est plus là. Elle a toujours été là, à cet endroit, depuis que l'homme existe. Elle se trouvait même là bien avant. Mais aujourd'hui elle n'est plus là. - Calme-toi Vincent, je ne comprends rien à ce que tu me racontes. Vincent ne pouvait pas rester calme. Il enfila ses baskets et sorti en courant du studio. Il traversa l'allée bordée de camélias fanés, ce qui est inhabituel en hiver, et sauta à toute enjambée le portillon de bois. Il s'affala dans le sable mais se releva immédiatement pour reprendre sa course. Ce dernier craquela au contact de chacun de ses pas. Vincent accéléra de plus en plus. Le froid saisissant de ce mois de novembre lui griffait la gorge et lui comprimait les poumons. De ces yeux coulaient des larmes qu'il essuya d'un revers de manche. Il courut jusqu'à s'affaler par terre.
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