《Camion, se dégager, sauter, courir, quelqu'un.》
Ce sont les mots que m'a mère a annoncé avant de déposer un baiser sur mon front, et de disparaître de mon chant de vision en m'envellopant soigneusement dans le tapis, comme elle m'y avais preparé depuis longtemps...
Tout etait devenu flou et incomplet, j'entendais un moteur, des cris, puis plus rien.. le trouble.
Aujourd'hui, ce ne sont plus que des souvenirs.
J'étais enfin libre.
Aujourd'hui, j'ai 18 ans, j'ai grandi, j'ai appris à vivre, avec ma mère a mes côtés, avec mes grands parents. J'ai appris à vivre malgré mon enfance douloureuse. Malgré les appels incessants des journaux connus, qui nous supplient de raconter notre histoire, encore et encore, notre lourd passé, la partie de notre vie la plus sombre, qui s'efface peu à peu de la mémoire de chacun, jusqu'à devenir un malheureux souvenir d'une famille brisée, un malheureux souvenir, avec lequel j'ai commencé ma vie.
Il y a des histoires qui ne commencent pas comme les contes de fées. Des histoires qui n'ont pas de château, pas de baguette magique, pas de promesses éternelles. La mienne commence avec une fracture. Une cassure invisible au cœur, et une autre bien réelle au pied. J'avais huit ans. Et ce jour-là, ma vie s'est arrêtée... pour mieux recommencer ailleurs.
Pendant longtemps, j'ai cru que le malheur serait mon seul compagnon. Mais j'ai appris que la vie, aussi cruelle soit-elle, peut encore surprendre. Que le chagrin peut cohabiter avec l'espoir. Et que même au fond du gouffre, une main peut se tendre, un sourire peut renaître.
Ce récit, c'est le mien. Celui d'une enfant brisée, d'une sœur qui souffre, d'une fille qui pardonne, d'une adolescente qui apprend à marcher dans un monde trop grand pour elle. Une histoire faite de blessures, d'amour, de silences, mais aussi de lumière.
Voici ma renaissance.