Alphonse se tourne vers lui et le cœur de Pierre loupe presque un battement, de soulagement. Il était là, toujours pareil, inchangé. L'ondulation de ses mèches noires à la limite d'obstruer sa vue, ses longs yeux clairs qui ne demandaient qu'à déverser leur douceur sur la terre. Sa peau joliment hâlée par le soleil que sa tunique large cachait à peine. Tout allait bien. Il esquisse un sourire discret et se décale pour permettre à son ami de s'asseoir. Pierre s'exécute doucement, presque contre son gré. Il avise les pissenlits sur leur gauche, qui recouvrent le pré d'un manteau doré et lui rappellent les yeux d'Alphonse. Il se dit alors que peut-être ne sont-ils pas obligés d'en parler. Peut-être peuvent-ils juste s'échapper un moment, s'allonger sur l'herbe et peindre le ciel avec leurs yeux.
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