Bad Boy

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WpMetadataNoticeLast published Mon, Aug 1, 2016
Alexandre, 19 ans depuis hier, cheveux bruns, yeux verts, grand et baraque, piercing à la lèvre inférieure et à l'arcade sourcilière, tatouages sur les bras et le dos, peau mate, regard froid. C'est moi. J'suis banal je sais et j'vais pas changer. Je vis avec mon père, que je déteste et dont je ne lui adresse plus la parole depuis maintenant 5 mois. Je bosse dans un petit resto en tant que serveur, mais aujourd'hui même, je viens de me faire virer et j'peux plus rien y faire, j'ai plus d'argent, plus de famille, que dalle. Je suis dehors, avec mon sac à dos, comportant mon chargeur de téléphone, de l'eau, un peu de bouffe, deux milles euros en billets, une carte de France, et une fausse carte d'identité. Je suis assis part terre, dans la nuit, les yeux scotchés sur mon téléphone à attendre un message d'Hugo, un pote. Au bout de quelques minutes il me répond : "Let's go." J'me lève, cours à toute vitesse dans les rues de Paris,et je m'arrête à la gare du Nord. Je retrouve Hugo, Lila, Estelle et Jordan, eux aussi ont un sac à dos avec du fric, eux aussi flippent comme pas possible. Eux aussi ont les mains moites et le souffle court. Eux aussi ils fuguent.
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Fou de rage, je te regarde mon frère, puis ferme les yeux. J'appuie et appuie encore sur la gâchette, mon doigt suivant le tempo donné par mes premiers coups de feu. Le bruit puissant de chaque détonation se mêle à mon hurlement, à ma souffrance. Je sens les gouttes de sang tiède qui, perdues, viennent se réfugier sur mon visage, certaines jouant ainsi pour un instant, le rôle d'une larme. Je continue de presser la détente jusqu'à ne plus entendre que ce "clic-clic" qui m'informe que mon chargeur est vide. Mes paupières masquant le blanc brouillé de pourpre se soulèvent et j'observe... j'observe ce corps gorgé de sang, ce corps dont les 14 trous béants fument encore autant que le canon de mon flingue. La bouche entre-ouverte, mon arme toujours pointée sur toi, je te regarde maintenant sans vie, basculer lentement en arrière pour te reposer, à jamais, sur la moquette sale de l'hôtel Loyal...

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