Kiribatis
« Hors-jeu », c'est une histoire d'amour très classique mais nécessaire !
Nécessaire parce qu'elle met en scène l'histoire de Tom et de Lucas.
Nécessaire parce qu'en 2026, quoi qu'on en dise et même s'il y a des avancées, l'homosexualité - et plus globalement la question de l'orientation sexuelle - reste un sujet sensible.
L'intrigue s'inscrit dans le milieu du sport, et plus particulièrement dans celui du football, parce que ça touche davantage les jeunes mais aussi parce que je suis convaincu que certains stéréotypes, dont nous sommes toutes et tous imprégné(e)s, sont enracinés dès l'enfance par différents canaux, dont le sport.
« Arrête de jouer comme une tapette. »
« C'est un sport d'hommes ici. »
« Faut pas être une fiotte pour tacler. »
« Si t'as peur du contact, va faire du patinage artistique. »
« Il court comme une fille. »
« Ça joue trop propre, on dirait des gays. »
Ce sont quelques phrases qui m'ont été rapportées par des ados et que de jeunes sportifs peuvent donc parfois entendre dès leur plus jeune âge. Elles sont socialement admises, que ce soit ou bord du terrain ou dans la vie quotidienne. Vous aussi, vous les avez peut-être déjà entendues. Peut-être même prononcées. Cela ne veut pas dire que les personnes qui tiennent ces propos sont nécessairement homophobes mais ça contribue à structurer une vision de l'homosexualité qui serait synonyme de faiblesse ou, pire encore, qui serait une menace pour l'ordre social.
Le sport, les associations de tous bords et l'école devraient promouvoir davantage l'altérité sans verser dans un quelconque militantisme, cela va de soi.
Cette lecture, je l'ai écrite dans le but de l'utiliser en classe et elle suscite toujours de nombreuses réactions.
J'épingle ici un commentaire intéressant d'un élève : « En fait, si je relis l'histoire en imaginant que c'est un homme et une femme, ça ne change rien aux sentiments qui sont exprimés. »