CHAPITRE 2

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Furieuse, je lève les yeux vers l'inconnu qui m'a foncé dedans avec la ferme intention de l'engueuler mais je reste bouche bée.

Un garçon de mon âge se tient devant moi. Sa peau est légèrement hâlée, ses cheveux bruns coiffés-décoiffés me donnent envie d'y passer la main et son tee-shirt met en valeur ses bras musclés. Il doit sûrement faire un sport de combat pour être aussi musclé à son âge. De la boxe, peut-être ?

Mes yeux continuent leur trajectoire, fascinés. Mais lorsque je croise son regard bleu-gris, j'ai l'impression de me prendre un seau d'eau glacé en pleine figure. Il me dévisage avec froideur et me parle mais trop occupée à le mater, je ne l'ai même pas écouté. Je me donne mentalement une gifle et m'oblige à me concentrer sur ce qu'il me dit.

_Excuse-moi, tu peux répéter ce que tu disais ? Je lui demande, ayant été plus intéressée par son corps de rêve que par ce qu'il me disait.

Il me foudroie du regard et, visiblement énervé, s'exclame :

_Tu pourrais faire attention à ce qu'il se passe autour de toi, voilà ce que je disais !

Oups ! Serait-ce moi qui lui aurait foncé dedans ? Je m'apprête à m'excuser mais il continue :

_Ça t'amuse peut-être de jouer les auto-tamponneuses mais c'est pas le cas de tout le monde. Alors ouvre un peu les yeux bordel !

Pardon ? J'avais l'intention de m'excuser mais vu sa grossièreté, il peut toujours rêver ! Et puis, s'il avait fait attention, je ne l'aurais pas percuté ! Après tout, c'est moi qui me retrouve le cul par terre comme une idiote, pas lui !

Je me relève et lui fait face. Ce genre de mec m'énerve plus que tout. Ces gars trop conscients de leur beauté et qui en deviennent arrogant !

_Désolée d'avoir osé croiser votre chemin, Votre Altesse, lancé-je avec sarcasme, j'espère que je ne vous ai pas fait perdre trop de ton précieux temps.

Il ouvre la bouche, surpris, et je poursuis :

_Sur ce, je te laisse. Au plaisir de ne jamais te revoir, connard !

Je lui tourne le dos, ramasse mes écouteurs et pars en essayant de ne pas boiter. En tombant, je me suis fait mal au coccyx mais hors de question de le montrer. Je suis habituée aux imbéciles comme lui et il n'y a rien de pire que leur montrer une faiblesse. Heureusement, j'aperçois quelques rues plus loin Starbucks. Enfin de quoi me remonter le moral ! J'entre et là, je me sens enfin chez moi.

_Bonjour, que voulez-vous ? Me demande la vendeuse.

_Bonjour, un Cookie & Cream grande s'il vous plaît.

_D'accord. Votre prénom ?

_Brooke.

La fille le note sur un verre et m'informe qu'elle me préviendra lorsqu'il sera prêt. Je m'assoie à une table vide en attendant et mes pensées reviennent aussitôt sur le connard de tout à l'heure. Le pire dans cette histoire, c'est qu'il est sublime. Je n'ai pas pu m'empêcher de le dévisager durant notre court échange. Je n'ai pas l'habitude de flasher sur des inconnus mais là, c'était mission impossible que d'être insensible à son charme. Dire qu'il est aussi beau que désagréable, c'est du gâchis !

Quelques minutes plus tard, la serveuse m'appelle. Je m'avance vers le comptoir et récupère ma boisson. Je vais pour partir mais je suis à nouveau bousculée et ma boisson se renverse lamentablement sur ma veste.

_Mince ! Je suis vraiment désolé, s'excuse le garçon tout en essuyant les dégâts avec des serviettes, je ne t'avais pas vue.

_Pas grave, ce n'est rien, je le rassure tout en tentant lamentablement d'éponger le liquide.

Je vais aux toilettes où j'essaye du mieux que je peux d'enlever la tâche sur mon tee-shirt. Au bout de quelques minutes, j'abandonne. C'était un vieux tee-shirt de toute façon, il me servira à faire de la peinture ou à cuisiner.

Je sors des toilettes et m'apprête à commander une autre boisson quand une main se pose sur mon épaule. Je me retourne et vois le garçon qui m'a bousculée me sourire d'un air penaud.

_Tiens, me dit-il en me tendant un Cookie & Cream. Je t'en ai acheté un autre pour me faire pardonner. Enfin, je sais que ça ne vaut pas ton tee-shirt, ajoute-il précipitamment, mais bon...

_Oh, merci beaucoup, je le remercie avec surprise.

Les gars gentils ne sont donc pas une légende, il en existe bel et bien !

_Tu veux t'asseoir ? Me demande-t-il tout en me montrant une table où sont posées ses affaires.

Je sais que je ferais mieux de décliner poliment son invitation, après tout, je ne le connais pas et c'est toujours comme ça que des filles se font avoir par des psychopathes, mais quelque chose me pousse à aller m'asseoir avec lui. Peut-être son air penaud ou son sourire à la fois chaleureux et timide. On s'installe et il tente d'engager la conversation :

_Tu es nouvelle en ville ?

_Oui, répondis-je avec étonnement, comment le sais-tu ?

_Tu as un léger accent français.

_Oh, d'accord. Oui, je viens de déménager ici avec ma famille.

_Au fait, moi c'est Cole, se présente-t-il en me tendant la main.

Je la prends et la serre.

_Brooke.

_Brooke, répète-t-il. C'est pas un prénom très français, non ?

_Non, pas vraiment, je confirme. J'ai vécu toute ma vie en France mais mon père est américain, d'où mon prénom.

_Je comprends mieux... C'est la première fois que tu viens à Santa Monica ?

_Non, je suis déjà venue en vacances ici mais cette fois, c'est définitif.

Durant la demi-heure qui suit, nous continuons à discuter. Cole est un gars vraiment sympathique et je me sens à l'aise avec lui. J'apprends qu'il a toujours vécu à Santa Monica et qu'il va dans le même lycée que moi. Il me pose des questions sur ma vie à Paris et j'y réponds avec une facilité déconcertante.

_Mince, souffle Cole en regardant l'heure, je dois y aller, ma sœur m'attend !

Il se lève précipitamment, range ses affaires et jette son gobelet.

_Désolé, Brooke. On se voit au lycée ?

_Oui, bien sûr.

Il s'éloigne, puis revient en courant.

_Mince, j'ai oublié de te donner mon numéro de téléphone.

Il attrape mon gobelet et le note rapidement avant de s'éloigner pour de bon.

_À bientôt ! me lance-t-il en se retournant.

Je lui adresse un signe de la main et l'observe s'éloigner. Cela ne fait même pas une heure que je le connais mais j'ai le sentiment que c'est le début d'une belle amitié.

Lorsque je sors du café, je repense aux deuxrencontres que j'ai faites aujourd'hui ; Cole et l'autre con. C'est drôlede penser que tout a commencé par une bousculade mais que l'issue n'a pas étéla même. Dans le premier cas, je me suis disputée avec un inconnu et dans ledeuxième cas, je suis devenue amie avec.

Undercover Love T1Où les histoires vivent. Découvrez maintenant