Chapitre 22 - Shanghai Terre de record

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Pov externe

Le Grand Prix du Japon avait laissé des traces. Les révélations sur le passé de Perséphone avaient secoué tout le paddock, et personne n'avait vraiment su comment gérer ce mélange d'admiration, de choc et de malaise.

Lors des interviews du jeudi, un journaliste un peu trop curieux avait osé aborder le sujet avec 98. L'air était devenu pesant, presque étouffant. Athéna, à quelques mètres de là, avait les larmes aux yeux, le regard fixé sur son pilote. Max avait détourné la tête, serrant les poings, comme pour contenir sa colère.

98 s'était levé calmement, ses yeux brûlants de défi, avançant vers le devant de la scène. Puis, dans un geste parfaitement calculé, il avait montré deux doigts d'honneur à l'audience. Athéna avait laissé échapper un petit rire nerveux lorsqu'elle l'avait vu signer quelque chose à un fan.

— Au passage, il vous dit d'aller vous faire voir profondément, avait-elle ajouté, amusée et scandalisée à la fois.

Les deux avaient quitté la scène rapidement, suivis par les autres pilotes. Le silence était retombé, lourd, mais tous avaient compris le message.

Vendredi, presque aucun pilote n'avait accepté de parler aux journalistes. Seule l'équipe de Canal+ avait eu ce privilège. La FIA et Liberty Media avaient froncé les sourcils, mais lorsque les vingt pilotes étaient unis, il était impossible de les contraindre.

La course elle-même avait été un cauchemar pour 98. La concentration était difficile, l'atmosphère tendue. Sur le podium, aucun sourire. Max, Charles et Lando avaient choisi de demander une minute de silence pour les victimes de l'internat, une décision qui avait gelé l'air autour d'eux.

En rentrant dans sa salle de repos, Max avait trouvé Perséphone recroquevillée sous la couette, en boule. Il s'était glissé contre elle et l'avait enveloppée de ses bras. Ils étaient restés là, silencieux, pendant plus d'une heure. Une heure où le monde extérieur n'existait plus, où seules leurs respirations se répondaient.

Les Grands Prix du Japon resteraient toujours difficiles. Et pourtant, quelque chose de fragile mais puissant avait émergé de cette épreuve : la résilience.

Pov Max

Le lundi suivant, avec l'accord du psychiatre de Perséphone, nous avions décollé pour la Nouvelle-Zélande. Elle n'y était jamais allée, et l'idée de découvrir un pays nouveau la rendait joyeuse, presque enfantine.

J'avais organisé plusieurs sorties avec Athéna, dont une visite des lieux de tournage du Seigneur des Anneaux, son film préféré. Chaque sourire, chaque éclat de rire me semblait précieux. Pour la première fois depuis longtemps, je la voyais se détendre complètement, oubliant le tumulte médiatique et la tension du Japon.

Nous avions coupé tout contact avec les réseaux sociaux. Seuls les appels à Athéna et Christian étaient autorisés. Et ça lui allait parfaitement.

Dans mon jet, elle s'était blottie contre moi, absorbée par son téléphone. Son petit rire, discret, lorsque la notification d'une blague apparaissait, avait ce don magique de me faire tomber encore un peu plus amoureux.

À l'atterrissage à Shanghai, elle s'était précipitée dans les bras de Christian dès qu'elle l'avait aperçu. Mon cœur s'était serré de bonheur et de gratitude : il avait été, depuis le début, une figure paternelle solide pour elle.

Dans la voiture, le sérieux avait repris le dessus.

— Je vois Matthieu cet après-midi ? demanda-t-elle.

Christian, intrigué, haussa un sourcil.

— Matthieu ?

— Tonton, le docteur Hugo s'appelle Matthieu.

Pilote 98 - Tome 1 - Premier tour de pisteDes histoires addictives. Découvrez maintenant