CHAPITRE 17

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Je ressens une forte nausée, au point où je dois rapidement couvrir ma bouche pour éviter de vomir. C'est horrible. Il y' a du sang de partout et des têtes d'animaux sont suspendues au plafond par des codes. Des sangliers, des cerfs, des brebis, des fans... Je comprends mieux pourquoi on n'a eu autant de mal à trouver des animaux pendant la chasse.

Je suis pris d'un haut-le-cœur que je suis incapable de retenir et je me mets à vomir. En me redressant, je remarque que Sasuke n'est plus à mes côtés mais qu'il est sortis de la maison. Dans l'allée, il parle à Himiko qui est dos à la scène. Tremblant, je jette un dernier coup d'œil au massacre avant de fermer la porte pour les rejoindre. Mon instinct avait vu juste. Le souvenir de mon rêve refait surface, et je frissonne à la pensée qu'il ne s'agissait pas simplement d'une fantaisie de mon esprit. Je ne me sens vraiment pas bien, je sens une nouvelle vague de nausée arriver. Je m'arrête et me penche en essayant de me retenir alors alors qu'une douleur familière émerge dans le bas de mon ventre. Encore une contraction. J'entends le gravier crisser sous les pas de Sasuke et Himiko mais je ne relève pas la tête.

-Naruto, ça va ? Me demande Sasuke d'une voix inquiète.

Il passe une main réconfortante sur mon dos. Je ferme les yeux et vomi. Je vois les innombrables corps démembrés de la guerre, l'odeur de la mort mêlée à celle du sang emplit mes narines. Je me redresse précipitamment pour échapper à ces vieux démons. Mais au même instant le monde vacille autour de moi et je tombe sur les fesses.

-Dada !

-Naruto !

S'exclament - ils en cœur. Un peu dans le vague, je repense à ces pauvres personnes qui nous ont offert le gîte ces derniers jours, qui nous ont traité avec tellement de gentillesse et qui sont probablement mortes assassinées dans d'effroyables circonstance à cause de moi. La culpabilité m'envahit tel un raz-de-marée, mais rapidement, elle est remplacée par un mélange de rage et d'angoisse. S'il a dit qu'il m'avait retrouvé, cela signifie qu'il n'est jamais vraiment parti et que Himiko est en danger.

Dois-je prendre cet acte comme un avertissement de sa part ?

Je me mets à rire jaune. Sasuke et Himiko me regardent avec incompréhension.

Ce connard pense sincèrement me faire peur ? Il pense vraiment pouvoir me manipuler ? La rage envahit l'angoisse. A présent, je ne suis qu'une boule de haine. Je le déteste. Je le hais tellement. Je vais lui faire payer. Il va regretter de ne pas avoir péri lors de son affrontement avec Sasuke.

Déterminé, je me lève et retire la poussière de mon pantalon avant de plonger mon regard dans celui de mon petit ami et dire :

-Sasuke, reste là avec Himiko. Je reviens.

Je m'avance déjà vers la porte d'entrée que je l'entends me demander :

-Mais Naruto ... Tu vas faire quoi ?

Je marque un arrêt, la main sur le poignée et tourne légèrement la tête sur le côté afin de pouvoir l'observer du coin de l'œil.

-Reste avec Himiko.

Et sans attendre une réponse, j'ouvre rapidement la porte et me faufile à l'intérieur. Le choc passé, cette fois-ci je ne suis pas saisi d'un réflexe vomitif face à l'horreur. A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que je vais faire, mais si je suis bien certain d'une chose c'est que je dois trouver les vieux. Qu'ils soient morts ou vifs. D'un œil froid, je scanne la zone. C'est un vrai bain de sang. Je déchire le bas de mon tee-shirt pour couvrir mon nez et ma bouche. L'odeur est vraiment infecte. Je ne saurai l'expliquer clairement, mais l'odeur de mort qui enveloppe la pièce n'est pas humaine. J'avance vers l'arrière de la pièce pour me diriger vers la cuisine d'un pas lent. Je fais attention à ne pas trébucher sur les innombrables corps gisant à terre. Je cligne des yeux et l'image d'un cadavre de jonin découpé en deux me vient à l'esprit. Je dois secouer légèrement la tête pour m'en défaire. Je saisis la hache, celle que le vieux utilisait pour couper le bois en petits morceaux, posée au coin de la cheminée. J'essuie son manche ensanglanté sur mon haut avant de reprendre ma progression.

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