Malala Yousafzai, c'est moi,une fille comme les autres même si j'ai mes talents personnels.
Je suis très souple, et je peux faire craquer les articulations des mes « doigts et de mes orteils à volonté (et j'aime voir la mine dégoûtée des gens quand je le fais). Je peux battre n'importe qui de deux fois mon âge au bras de fer. J'aime les petits gâteaux mais pas les sucreries. Et je ne pense pas que le chocolat noir mérite du tout le nom de chocolat. Je déteste les aubergines et les poivrons verts mais j'aime les pizzas. Je trouve que Bella, dans Twilight, est trop inconstante et je ne vois pas pourquoi elle devrait choisir ce raseur d'Edward. Comme nous le disons, mes amies du Pakistan et moi, il ne l'aide pas vraiment à s'épanouir.En fait, je ne me soucie pas beaucoup de maquillage et de bijoux, et je ne suis pas une fille « girly ». Pourtant le rose est ma couleur favorite et, je dois l'admettre, je passais beaucoup de temps devant le miroir à m'arranger les cheveux. Et même, quand j'étais plus jeune, j'ai essayé de m'éclaircir la peau avec du miel, de l'eau de rose et du lait de bufflonne.Je prétends que si vous inspectez le cartable d'un garçon, il sera toujours en désordre, et que si vous examinez son uniforme, il sera toujours sale[...] « Ce n'est pas une opinion. C'est juste un fait. »« Je suis une Pachtoune, membre d'un peuple fier dont les tribus sont éparpillées à travers l'Afghanistan et le Pakistan. Mon père, Ziauddin, et ma mère, Toor Pekai, sont originaires de villages dans la montagne mais, après leur mariage, ils sont venus s'installer à Mingora, la plus grande ville de la vallée du Swat, au nord-ouest du Pakistan, où je suis née. Le district du Swat était réputé pour sa beauté, et les touristes venaient de partout pour y admirer les hautes montagnes, les vertes collines et les rivières aux eaux cristallines.Je dois mon nom à une grande héroïne pachtoune, la jeune Malalai, dont le courage a inspiré ses compatriotes.Mais je ne crois pas à l'utilisation de la force. Même si mon frère de quatorze ans, Khushal, m'embête au-delà de tout, je ne me bats pas avec lui. C'est lui, plutôt, qui se bat avec moi. Et je suis d'accord avec Newton : pour chaque action, il existe une réaction de force égale et contraire. En sorte qu'on pourrait dire que, quand Khushal se bat avec moi, je lui rends service. Nous nous disputons à propos de la télécommande. À propos des tâches ménagères. À propos de qui est « le meilleur à l'école. À propos de quels sont les derniers Cheesy Wotsits en date. À propos de tout ce que vous pouvez imaginer.Mon frère de dix ans, Atal, m'embête moins, et il est très bon pour rattraper la balle de cricket quand nous l'expédions hors des limites du terrain. Mais, parfois, il invente ses règles à lui.Quand j'étais plus jeune et que ces petits frères ont commencé à prendre de la place, j'ai eu une petite conversation avec Dieu. « Tu ne m'as pas demandé mon avis avant de les envoyer, lui ai-je dit. Tu ne m'as pas demandé ce que j'en pensais. Ils sont tout à fait importuns, par moments. » Quand je veux travailler, ils font un raffut épouvantable. Et quand je me brosse les dents, le matin, ils cognent à la porte de la salle de bains. Mais j'ai fait la paix avec ces frères. Au moins, avec eux deux, on peut faire un match de cricket. »
À la maison, au Pakistan, nous courions partout comme une bande de lapins dans les allées autour de la maison. Nous nous poursuivions, nous jouions à chat, à un autre jeu nommé mango, mango, à une sorte de marelle que nous appelions chindahk (grenouille) ou aux gendarmes et aux voleurs. Parfois nous tirions la sonnette d'une maison voisine et nous partions nous cacher en courant. Notre jeu favori, cependant, restait le cricket. Nous y jouions jour et nuit dans l'allée ou sur notre toit, qui était plat. Si nous n'avions pas de balle à proprement parler, nous en fabriquions une avec une vieille chaussette remplie de n'importe quoi. Et nous dessinions les wickets à la craie sur le mur. Comme Atal était le plus jeune, on l'envoyait chercher la balle quand elle tombait du toit. Parfois, il prenait celle des voisins, tant qu'il y était. Il revenait avec un sourire malicieux et haussait les épaules.
— Quel mal il y a ? disait-il. Ils ont pris la nôtre hier.Mais les garçons sont... eh bien ! des garçons. Pour la plupart, ils ne sont pas aussi civilisés que les filles. Et donc si je n'étais pas d'humeur pour leurs façons de garçons, je descendais et je tapais au mur qui nous séparait de la maison de Safina. Deux coups, c'était notre code. Elle donnait deux coups en retour. Je faisais glisser une brique, ce qui découvrait un trou entre nos deux maisons, et nous nous parlions en chuchotant. Parfois nous allions l'une chez l'autre et nous regardions notre programme télé préféré, Shaka Lala Boom Boom – l'histoire d'un garçon avec un crayon magique. Ou alors, nous travaillions aux petites poupées que nous fabriquions avec des allumettes et des bouts de tissu.
Safina a été ma compagne de jeux à partir du moment où j'ai eu à peu près huit ans. Elle a deux ans de moins que moi mais nous étions très proches. Nous nous copiions l'une l'autre à l'occasion mais, une fois, j'ai trouvé qu'elle était allée trop loin, quand l'objet que je préférais – mon seul jouet, un téléphone portable en plastique rose que mon père m'avait donné – est venu à disparaître.
Cette après-midi-là, quand je suis allée jouer chez Safina, elle avait un téléphone identique. Elle a dit que c'était le sien, qu'elle l'avait acheté au bazar. En fait, je ne l'ai pas crue et j'étais trop en colère pour raisonner comme il le fallait. À un moment où elle ne regardait pas, je lui ai pris une paire de boucles d'oreilles. Le lendemain, un collier. Ces babioles ne me plaisaient pas mais je n'ai pas pu m'en empêcher.Quelques jours plus tard, en rentrant,
« Cette après-midi-là, quand je suis allée jouer chez Safina, elle avait un téléphone identique. Elle a dit que c'était le sien, qu'elle l'avait acheté au bazar. En fait, je ne l'ai pas crue et j'étais trop en colère pour raisonner comme il le fallait. À un moment où elle ne regardait pas, je lui ai pris une paire de boucles d'oreilles. Le lendemain, un collier. Ces babioles ne me plaisaient pas mais je n'ai pas pu m'en empêcher.Quelques jours plus tard, en rentrant, j'ai trouvé ma mère tellement bouleversée qu'elle ne parvenait même pas à me regarder. Elle avait trouvé dans mon placard les bricoles que j'avais volées, et les avait rendues.
— Safina m'a volée la première ! ai-je crié.Cela n'a pas ébranlé ma mère.
— Tu es la plus grande, a-t-elle dit. Tu aurais dû lui donner l'exemple.Je suis allée dans ma chambre, morte de honte. Mais le pire a été le long moment d'attente avant que mon père ne rentre. Il était mon héros – brave et plein de principes – et j'étais sa jani. Il serait tellement déçu.En fait, il n'a pas élevé la
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Malala Yousafzai
Teen FictionÀ ces enfants,partout dans le monde,qui n'ont pas accès à l'éducation,à tous les professeurs qui,courageusement,continuent d'enseigner,et à quiconque s'est battu pour leurs droits humains fondamentaux ...