21 de Marpenoth, 1492.
Nous sommes arrivés à Triel en début de soirée, après Elturel, première ville notable sur le chemin des marchands qui nous conduira au Cormyr.
Depuis la dernière page écrite rien ne m'a semblé mériter la postérité du papier. J'avoue aussi être restée assez déçue de moi même, incapable que je suis d'ordonner un récit convenable. Pour aujourd'hui, je vais faire comme si j'étais douée.
Triel disais-je.
Pour ce que j'en ai vu cette nuit, ville agréable et somme toute assez classique, une grande rue qui traverse la citée de part en part, une vaste esplanade centrale entourée de belles échoppes, tavernes et auberges. Malgré la nuit précoce de cette fin de Marpenoth, les rues étaient vivantes, de nombreuses lanternes illuminaient les pavés et un marché bruyant paressait sur la grand place.
Astarion était parti rapidement en quête d'une chambre tandis que je flânais entre les étales. L'automne est encore clément. L'air était frais mais rien de désagréable. Des odeurs de vin chaud, d'épices et de beignets se mêlaient harmonieusement. Entre l'officine d'un herboriste et la table d'un écrivain public je trouvais ce que je cherchais, le panneau d'annonces de la ville. Disséminées entre décrets de bourgmestre et avis de décès, on y trouve parfois des requêtes intéressantes.
— Nous sommes logés pour les quelques jours à venir!
Je me retournais au son de ta voix. Tu t'étais glissé dans mon dos et brandissais devant moi une belle clef en cuivre.
— Parfait.
— Ma douce, as-tu trouvé quelque chose à nous mettre sous la dent?
Tu t'étais retourné et étudiais la foule d'un œil avide.
— Peut-être, dis-je en arrachant un des feuillets au tableau. Je pliais le papier. « Au pire tu pourras toujours boire mon sang. »
— Ma friandise préférée, avais-tu roucoulé au creux de ma nuque.
Et souffrant ta dernière syllabe tu avais déposé un baiser juste sous mon oreille.
Nous avions descendu la rue principale, deux voyageurs arrivés tardivement, pour nous arrêter un peu plus bas devant un imposant bâtiment d'où s'échappaient rires vifs et notes de musique.
— L'écu de Tyr. Tout un programme, soufflas-tu en ricanant.
Je poussais un des panneaux de la lourde porte de bois plein. Le premier passant venu avait su m'orienter. « Vous descendez la rue, c'est juste après la boutique du tailleur qui fait l'angle, vous ne pouvez pas la rater! ». Effectivement l'établissement prenait de la place. Le grand bouclier en devanture n'entretenait aucune confusion. À l'instant où nous entrions, une clameur joyeuse saluait le départ d'un joueur de luth. Le lieu était bondé. Je me faufilais jusqu'au comptoir, Astarion sur mes pas.
— Que puis-je pour vous? avait demandé aimablement un homme affairé à essuyer de grandes chopes en étain.
— De l'hypocras pour moi si vous avez, et un renseignement.
Je dépliais et posais l'affiche sur le comptoir.
— Oh oui. Alors une hypocras et... Il avait tendu le bras vers l'estrade que quittait le musicien, « Voyez la dame près du clavicorde, avec la robe blanche, c'est elle ».
— Merci.
Je laissais Astarion avec l'affiche au bar.
Cette dame en blanc se nommait, se nomme toujours, Estelle de PontNeuf, propriétaire de l'Écu de Tyr. Avec d'autres notables de la cité, elle pâtit de l'activité de brigands qui "ponctionnent" dans leurs livraisons entre ici et Hardbuckler.
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Une histoire en Faerûn.
Fanfiction🩸Astarion et Riss✨ Un vampire et une Drow. Un assassin et la magie froide des dragons blancs. Un beau parleur et une barde. Deux siècles d'esclavage et de violence pour lui. Un destin de sang et de meurtres pour elle. Désormais ils sont ensemble, p...
