Chapitre 5

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PDV Taehyung

J’étais là, assis dans le vestiaire, attendant silencieusement le retour du brun. Mon cœur battait encore trop vite, pas seulement à cause de ce qui s’était passé… mais à cause de lui. Jungkook.

Je ne comprenais pas pourquoi il était si attentionné avec moi. Est-ce que je lui plaisais ? Ou bien était-ce juste de la pitié ? Je n’en savais rien. Et puis… pourquoi est-ce que ça me perturbe autant ?

Toi? Plaire à quelqu'un laisse moi rire, qui pourrait t'aimer, Franchement ?

Non… non, je ne dois pas replonger. Je m’étais juré d’avancer, d’essayer, au moins. Ne plus penser à elle… à ces mots qui me hantent.

Personne n'est capable d'aimer un monstre comme toi !

Je ferme les yeux avec force, inspirant profondément. Tout va bien… tout ira bien. Je me répète ces mots comme une prière.

La porte s’ouvre brusquement, me faisant sursauter. Jungkook entre dans la pièce et vient s’asseoir à côté de moi. Il était revenu.

Je n’arrive pas à détourner le regard de lui. Ses traits étaient toujours aussi parfaits, froids mais étrangement rassurants. Magnifiquement troublants.

—" Je t’avais dit que je serais rapide, petit ange." dit-il en déposant un baiser sur ma joue.

Je sens mes joues chauffer immédiatement.

— "Dis-moi, quel est ton petit nom ?", me demande-t-il en effleurant doucement mes cheveux.

— "T-Taehyung… " , je murmure, baissant les yeux, incapable de soutenir son regard.

— "Trop mignon.",  chuchote-t-il en pinçant délicatement mes joues.

Sa voix s’est faite plus grave, plus douce, et un frisson me parcourt de la tête aux pieds. Il le remarque, évidemment, et me sourit. Un sourire doux, sincère. Rien à voir avec ceux, malsains, que je recevais au bar. Ce sourire-là… il me réchauffait l’âme.

— "J-je crois que je vais… partir.", dis-je en me levant, évitant toujours ses yeux trop profonds, trop beaux, trop intimidants.

Il se racle la gorge, puis tend la main.

— "Laisse-moi t’accompagner."

Il m’attrape doucement par le bras. Je me retourne, lentement, et je lève les yeux vers lui.

— "N-non, ne vous inquiétez pas, ç-ça va aller. Je… je ne veux pas vous déranger.",  dis-je en détournant le regard, mes doigts s’agitant nerveusement.

Je ne voulais pas qu’il sache où je vivais. Qu’il découvre ce que je suis. Qu’il ait pitié de moi… ou pire, qu’il me rejette.

—" Je ne veux pas que tu marches seul. Il se fait tard et je—"

— "Non ! Je… je ne suis pas en sucre, et… vous n’êtes pas obligé de faire ça ! Je prendrai le bus.",  le coupai-je brusquement.

Je me fige.

Qu’est-ce que je viens de faire ? Je lui ai coupé la parole. J’ai été sec. Et s’il se mettait en colère ? Et s’il voulait me faire du mal ? Taehyung, qu’est-ce que t’as fait…

—" J-je… je suis désolé ! ", m’exclamai-je en m’inclinant rapidement, avant de fuir la pièce sans lui laisser le temps de dire un mot.

Je cours dans le couloir, bousculant les gens sans faire attention. Certains m’insultent, d’autres crient, mais je n’entends plus rien. Mon esprit est noyé sous la honte, la peur.

Il va me détester… Il ne voudra plus jamais me parler… Ou peut-être même… me faire du mal ?

Une erreur comme toi ne mérite même pas de vivre !

Je m’arrête soudain, haletant, le souffle court. Je ne sais même pas comment j’ai atterri dehors. Il n’y a personne dans les rues — normal, il est presque minuit. Il fait froid, et je tremble.

Je dois rentrer. Oui… rentrer chez moi.

Et sans réfléchir davantage, je m’engage dans une ruelle étroite qui menait à l’endroit où je vivais…


À l’orphelinat.



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