Épilogue

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DÉLIA

HUIT ANS PLUS TARD

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HUIT ANS PLUS TARD

Allongée sur la glaciale table d'examen au quatrième étage de l'hôpital de Hautepierre, mon cerveau encore sonné par l'annonce impromptue de la femme en blouse, peine à assimiler l'information.

— Félicitations ! congratule-t-elle tandis que son sourire béat fait écho à celui de Gabriel.

Comme pour me confirmer que je suis bien éveillée, la rousse au chignon tiré à quatre épingles promène méticuleusement sa sonde sur mon ventre rebondi et badigeonné de gel.

— V... euh... en êtes-vous certaine ? demandé-je en fixant, d'un air catastrophé, l'écran qui retransmet des images grisâtres que mes yeux épuisés ont encore du mal à interpréter correctement.

— Bien sûr ! Regardez, m'indique la sage-femme en pointant, de son index, les formes mouvantes sur le moniteur. Il y a dû avoir un petit loupé avec mon collègue à la dernière visite, mais ça arrive. Vous n'avez pas l'air enchantée.

Évidemment que je ne suis pas enchantée par l'insolite trajectoire que prend ma vie. Miss Summers, à quoi ça sert d'avoir méticuleusement planifié mon existence en sept points si le propre même de la vie est son incertitude ? Je repense à la dernière étape de la liste et me remémore ton habituel gloussement à chaque fois que je la récite. Ce n'est pas drôle Miss Summers. Ça ne l'a jamais été.

— Mauve ? tente Gabriel en prenant ma main, devenue moite tout à coup.

— Non, l'interromps-je aussitôt.

J'ai besoin de temps pour réfléchir et digérer cette information impromptue. Je repense à l'été magique que nous avons passé à Lomé. Malgré quelques frayeurs, tout était merveilleux. Ma robe, Gabriel, nos familles et amis. Même l'ultime étape avait pourtant bien commencé. Alors que mes côtes se resserrent sur mes poumons, telles des dents assoiffées de sang, mes cils eux, pivotent et se braquent sur mon ventre encore gélifié.

— Pouvez-vous nous accorder quelques minutes s'il vous plait ? demande-t-il.

— Je..., commencé-je le souffle court lorsque nous sommes seuls.

— Chuuuuut, rassure Gabriel en m'embrassant le front.

S'éloignant brièvement, il va chercher à l'autre bout de la pièce, mon sac à main ainsi que la chaise sur laquelle celle-ci est posée. Il s'assoit sur le siège, et extrait du Longchamp mon iPad ainsi que son stylet. Il déverrouille l'appareil puis lève ses paupières et plonge ses prunelles noisette dans les miennes, pétrifiées.

— Et si on repassait en revue tes étapes de vie ?

— M... maintenant ? P... pourquoi es-tu aussi calme ?

Ma voix, tremblante, s'envole dans les notes aiguës avant de vaciller. Ma respiration, elle, s'accélère et mon cœur menace de me briser les côtes pour s'en échapper. Depuis Gabriel, j'ai une angoisse indescriptible quand je repense à ces étapes. Car elles me donnent l'impression d'être une imposture, un échec sur pattes. Gabriel se redresse et pose ses lèvres sur les miennes, faisant disparaitre aussitôt mes peurs. J'agrippe son sweat et l'embrasse avidement. Ce baiser fougueux est aussi délicieux et rassurant que notre tout premier, sur mon canapé à Nice. Je revis.

PULL MAUVE - [SPIN OFF LCDP] - [TERMINÉ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant