noel

35 5 4
                                        

Bon. Noël cette année ? Incroyable. Enfin, pour les autres, hein. Moi, je fais genre que c’est bien parce qu’il faut, mais mon daron est toujours porté disparu depuis qu’il est « parti chercher du lait ». Le lait, il le traite comme un Pokémon shiny ou quoi ? Ça fait 15 ans, frère. À ce rythme, même la vache qui le produit est en retraite.

Du coup, je reçois mes cadeaux et je fais le mec joyeux : une tablette ? Cool, je vais pouvoir mater des truc tout seul ( j ai des amis en vrai ) en me disant que peut-être, un jour, papa reviendra genre dans un arc rédemption. Ensuite, un casque JBL. Super. Maintenant, je peux écouter « Papaoutai » de Stromae en HD pour pleurer encore plus fort.
( je jure je force avec lui mais c'est ma seul blague valide aidez moi svp)

Mais attention, c’est pas fini. J’ouvre un paquet : 5 mangas Berserk. Et là, ça m’a frappé. Guts, lui aussi, il galère sans son daron. On est frères de souffrance.

Au repas, je décide de me réconforter avec de la nourriture. J’ai mangé 20 huîtres, record absolu. Pourquoi ? Parce que si je m’étouffe, au moins, j’ai une excuse pour pas aller chercher ce foutu lait à sa place. À la quinzième, mon corps disait : « Stop, c’est trop. » Mais mon cerveau a répondu : « Non, on mange pour oublier. »

Et là, ma tante, sans pression, balance : « Je suis enceinte. » J’ai direct répondu : « Trop bien, mais t’as pas peur qu’il parte chercher du lait lui aussi ? » Elle a pas ri. Moi non plus.

Bref, Noël, c’est sympa, mais si mon daron lit ça : ramène le lait, frère. On a des céréales à finir depuis 2009.

Alors, la nuit de Noël, parlons-en. Déjà, ma mère, dans un élan de folie ou de champagne (je sais toujours pas), me dit : « T’es doué en dessin, non ? Tatoue-moi un truc sur la cheville. » Pardon ? Moi, tatoueur ? On n’est pas chez Miami Ink, maman. J’ai bégayé genre : « Ah ouais ? Genre… là ? Maintenant ? » Mais bon, elle insistait, et je me suis retrouvé à dessiner une fleur qui ressemblait plus à une patate écrasée. Elle a adoré, évidemment. Artiste incompris, c’est moi.

Après cette expérience artistique traumatisante, direction la PlayStation pour jouer à MMA avec mon oncle. Alors lui, il s’entraîne sur Street Fighter ou quoi ? Il m’a éclaté comme si j’étais un sac de frappe humain. Je me suis retrouvé K.O. dès la première minute. Et lui, tout fier, genre : « T’inquiète, petit, c’est l’expérience. » L’expérience ? Non, juste l’humiliation, merci.

Puis y a ma tante, celle qui a 3 ans de plus que moi et qui croit que j’ai encore besoin qu’on m’aide à mettre mon manteau. À chaque fois, c’est : « Oh mais toi, t’es encore un bébé. » Bébé ? Bébé qui a mangé 20 huîtres, merci bien. Et son sujet de conversation préféré ? Son « chéri ». Le mec n’était même pas là, mais elle a tellement parlé de lui que j’ai cru qu’il était en train de découper la dinde avec nous.

Le matin de Noël, la vraie classe : pilou-pilou Hello Kitty rayé. Oui, j’assume. Rien de mieux pour ouvrir ses cadeaux en mode licorne cosy. Ma mère : « Tu comptes te changer ? » Moi : « Pour quoi faire ? Je suis au sommet de ma vie, là. »
Alors, après cette nuit de Noël déjà bien conceptuelle, j’ai pris une grande décision pour le nouvel an : cette fois, je le fête sans ma famille. Ouais, je me lance dans l’inconnu, dans l’aventure… dans la folie, en fait. Parce que bon, spoiler alert, je vais passer le 31 avec des gens qui veulent faire un bain de minuit. À poil. Oui, oui, complètement nu, dans une eau à -5°C, parce que pourquoi pas, hein. Apparemment, « ça purifie l’âme ». Moi, j’ai juste peur que ça me purifie les organes vitaux façon glaçon.

Alors le truc, c’est que sur cette fameuse soirée, je connais… 3 personnes. Trois. Pas quatre, pas cinq. Trois. Et les autres ? Des inconnus, mais genre des inconnus avec une énergie incroyable sur le groupe Insta. Ça s’envoie des memes chelous, ça débat sur la couleur du drapeau pour la soirée (ils ont opté pour « rose néon licorne », bien sûr), et ça propose des playlists où tu passes de Jul à Beethoven sans transition. J’ai déjà envie de les adopter ou de fuir, j’hésite.

Et puis franchement, l’ambiance sur le groupe : niveau festival de Cannes. Y en a un qui a proposé un karaoké sur la plage à minuit (parce que chanter My Heart Will Go On en slip de bain sous 2 degrés, c’est un délire, apparemment). Une autre a lancé : « On ramène un feu d’artifice ou quoi ? » Franchement, avec eux, je m’attends à ce que quelqu’un sorte une fusée dans sa poche en mode : « C’est bon, j’ai géré. »

Bref, ça va être une première pour moi. Peut-être ma dernière aussi, si je finis congelé dans l’Atlantique. Mais bon, 2024, on l’accueille à fond ou pas du tout, hein.

𝐑𝐀𝐍𝐓 𝐁𝐎𝐎𝐊Où les histoires vivent. Découvrez maintenant