petite sortie

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On a bouffé tous les onigiris pendant le combat de Lucy. À un moment, j'ai tourné la tête vers lui, et je l'ai capté les yeux fixés sur la télé, mais avec un demi-sourire en coin. Genre ce petit sourire qu'il sort que quand il est bien.

- Tu vas me faire une décla ou tu veux un coussin dans la gueule pour redescendre ?

Baji : J'me disais juste que c'est la première fois depuis longtemps que je regarde un truc tranquille sans avoir envie de casser un mur.

- C'est parce que mon canapé est plus moelleux que ton lit.

Baji : Et que t'as ramené des céréales au chocolat, ouais. T'as su viser mon cœur.

On a fini sept épisodes à la suite.
À la fin du dernier, mon bol était vide, les chips aussi, et je m'étais plus ou moins calée contre lui sans trop m'en rendre compte. Lui, pareil, avait étiré ses jambes sur la table basse, bras posé derrière moi, tranquille.

Un silence confortable s'est installé. Pas le malaise. Juste le calme. Le vrai.

- Tu vas rester là toute la nuit, le squatteur ?

Baji : T'as pas mis de limite horaire. J'te rappelle que j'ai un abonnement illimité au Canap'Club.

- Et moi j'ai une batte de baseball sous mon lit. Tu choisis.

Baji : Tu m'aimes trop pour me virer, avoue.

- ...Me cherche pas. Je te jure.

Mais j'ai rien dit de plus.
J'ai juste rallumé un autre épisode.
Et il a tiré doucement la couverture sur nos jambes, sans un mot.

L'épisode suivant avait commencé, mais mes paupières étaient de plus en plus lourdes. Je luttais un peu pour suivre, mais mes yeux se fermaient par intermittence, et j'avais la flemme de bouger. Mon bol vide calé contre mon ventre, la couverture jusqu'au menton, et la chaleur du canapé, combo fatal.

Je sentais vaguement que ma tête penchait... penchait... et bam, elle a fini sa course contre l'épaule de Baji. J'ai pas réagi. J'étais entre deux mondes. J'entendais encore un peu Natsu gueuler à l'écran, mais c'était lointain, presque flou.

Baji, lui, a pas bougé tout de suite.
Il a baissé les yeux vers moi, surpris.
Je l'ai entendu souffler un rire discret.

Baji: T'as tenu comme une guerrière... mais t'es KO ma belle pas vrai?

Il a jeté un œil à l'écran, puis a soupiré doucement.

Baji : Tu vas râler demain parce que j'ai continué sans toi. Tant pis.

Il a éteint la télé, posant la télécommande en douceur pour pas me réveiller. Puis, doucement, il a bougé pour glisser un bras sous mes jambes et l'autre derrière mon dos. J'ai gémi à peine, genre un bruit tout faible, mais j'ai pas ouvert les yeux.

Il m'a soulevée doucement, avec cette espèce de prudence maladroite qu'il a quand il veut bien faire sans le montrer.

Baji : T'es vraiment légère quand t'parles pas.

Il m'a portée jusque dans ma chambre, en faisant gaffe à pas cogner les murs avec mes pieds. Une fois là, il a tiré la couette et m'a déposée dans le lit avec soin, genre vraiment doucement. Il m'a bordée sans trop savoir comment, les gestes un peu hésitants.

Il est resté là, quelques secondes, à me regarder dormir.

Puis il a levé les yeux au ciel.

Baji : Et moi j'suis censé rentrer maintenant, hein ? À trois plombes du mat ?

//Jamais Sans Eux//Des histoires addictives. Découvrez maintenant