POV président ( Jake Johns)
Je suis sur le cul. J'ai du mal à digérer cette violente vérité. La trahison a un goût amer. Je suis à court de mot. La salle de messe s'est vidée. Je me retrouve seul. Seul avec mes pensées et tourments. Je ne digère pas. Mes yeux fixent le vide. Mes coudes sont posés sur la table, mes doigts dans ma chevelure. Je suis incapable de décrocher le moindre mot. Je reste bloqué. Mon souffle se raréfie.
Selena. Ma petite fille... Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Pourquoi je n'ai rien vu ? Mes petits-fils ont souffert dans les mains de leur mère... Ma fille... Elle est comme cela depuis des années... Et je n'ai rien vu... Je n'ai pas pu la remettre sur le droit chemin. Et maintenant, j'apprends l'existence d'une petite fille. Une petite fille qui n'a pas osé se présenter à nous. Une jeune femme désormais de mon sang, abandonner de tous.
Je revois ma vie défiler. Je revois ma fille, Selena, enfant. Je revois la petite princesse qu'elle représentait pour moi. Tout me revient. Ses sourires, ses caprices, ses farces, sa colère... Pourtant, tout état là sous mes yeux. Ma propre fille est d'une cruauté sans précédent. C'est l'une des responsables. C'est celle qui a mis en péril notre club, notre famille. Elle a livré à un monstre une des enfants du club, mais aussi son petit garçon.
Je suis hors de moi. Mess poings se serrent. Je me lève, basculant ma chaise. J'envoie valser une pile de dossier. Seul le nom d'Aurora résonne en moi. J'ai l'impression d'être transpercé par des milliers de lames. Mon cœur va exploser. Je suis en partie responsable de ce bordel. J'ai une part de responsabilité dans l'état de la petite Aurora. J'aurais dû écouter Khrisna. Il savait que le danger était lié à la petite.
J'ai laissé un membre de ma famille sombrer dans les ténèbres. Je l'ai abandonné. Je n'ai pas été capable de protéger les miens. Je suis un lâche. J'ai failli à mon rôle. Je sens la fatigue me tombe dessus comme un coup de massue. La vieillesse m'arrive dessus.
Je prends la décision de partir à la recherche de mon père. Je l'ai vu quitter la pièce quelques minutes plus tôt. Mon corps est raide, alourdit par le poids des années. Je ne peux pas laisser place aux regrets. Je dois être plus fort que tout ce bordel. Je suis le putain de président des Gypsy Jokers. Il a fallu qu'une petite fille abandonnée et une hackeuse m'ouvrent les yeux. Jusqu'à aujourd'hui, ce sont des gamins qui se sont battus à notre place.
Je quitte rapidement la pièce et me dirige dans la salle principale du club house. Dans un coin de la pièce, je trouve mon père à la jeune hackeuse en grande discussion. J'avance lentement dans leur direction, mes chaussures claquant sur le parquet. Je ne ferai pas marche arrière. J'ai besoin de réponse et vite. Je dois tout savoir.
- Ghost, il faut que l'on parle. Dis-je d'une voix sûre et légèrement rauque.
Ses yeux se posent sur moi. Il n'y aucune provocation. Elle m'analyse. Elle essaie de savoir si je suis prêt pour la suite. Du moins je l'espère. Mon père m'observe. Il ne me coupe pas. Il attend de voir la suite des événements.
Je lui fais signe de me suivre dans mon bureau Pour cette conversation, nous avons besoin d'intimité. Hors de question que quiconque nous espionne. Une fois à l'intérieur de la pièce, à l'abri des regards, je m'installe sur une des chaises de mon bureau. Mon père ferme la porte et vient s'installer à mes côtés. La gamine est la première à rompre le silence.
- Comment dire... Ce que je vais vous dire va terminer de vous achever.
- Peut-être, mais l'heure n'est plus à la réflexion et au fait de nous épargner des peines. Réplique mon père.
- Très bien... Maintenant que vous connaissez le vrai visage de Selena... Il faut que vous compreniez que cela va bien plus loin qu'une simple histoire de trahison... Si je dois qualifier cet enfer, j'utiliserai le terme de loyauté inversée. Elle a été embrigadée, je suppose jeune... Quelqu'un de proche l'a manipulé à sa guise jusqu'à la transformer en monstre.
Ces propos me raidissent. Le sang se glace. Les couleurs quittent le visage de mon père. Ce qu'elle nous explique est loin de nous rassurer. Bien au contraire, je redoute le fin mot de l'histoire.
- Qui ? demande nerveux mon père.
- Elle a juste reproduit ce qu'elle a vu ou ce que l'on a voulu lui montrer... Continue-t-elle toujours aussi énigmatique.
- Mon ex-femme et son frère ? C'est cela... Murmurais-je en espérant me tromper.
Elle baisse son regard. Elle n'ose pas le dire clairement, mais sa réaction veut tout dire. La mère de ma fille n'était pas parfaite, mais je ne la pensais pas aussi mauvaise que ce que j'imaginais. Un frisson d'effroi me traverse. J'ai l'impression que ma tête va exploser.
Je n'arrive plus à rester immobile. Je me lève de ma chaise et parcours la pièce en long, en large et travers. J'ai une envie d'exploser comme la bombe à retardement que je suis. Mais je me contiens. Cette petite n'a pas besoin de voir un Johns exploser.
Cette situation me répugne. J'ai la haine envers eux. Je les ai côtoyés et je n'ai rien vu. J'ai élevé un monstre et j'ai passé une partie de ma vie avec une ordure. J'ai laissé grandir jusqu'à ce que cela nous soit renvoyer en pleine face.
- Elizabeth... Est-ce qu'Aurora est au courant de cette partie de l'histoire ? Demande mon père, le visage fermé.
- Non... Cette partie-là, elle l'ignore... Je viens de la découvrir et je n'ai pas eu le temps de la lui révéler.
- Je vois... On attend avant de lui en parler. Le plus important, c'est qu'elle se repose et prenne soin d'elle. C'est à nous de régler cette histoire. Dis-je décidé.
- Elizabeth, il va nous falloir toutes tes informations que tu as en ta possession. Nous voulons tous ce que tu as. Continu mon père prêt à en découvre.
- C'est à nous de gérer. On entre en guerre. Il est temps de purger. Nous allons les renvoyer en enfer.
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dedicated to fighting (terminé)
KurzgeschichtenAurora Wilson, membre de la famille Wilson, se sent profondément écartée de sa famille, qui la méprise et la rejette. En quête de sa propre identité, elle découvre qu'elle est liée à un club de bikers, les Gypsy Jokers, par le biais de sa génitrice...
