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𝚉𝚊𝚢𝚑𝚛𝚊𝚑 𝙰̀𝚕𝚟𝚊𝚛𝚎𝚣 𝙱𝚎𝚗𝚗𝚎𝚝𝚝.
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Caym.
Il ne dit rien. Il m'observe. Comme si j'étais une pièce rare qu'il évaluait, un objet vivant à classer, à comprendre. Ses yeux vairons, insondables, me scrutent sans ciller, comme s'ils cherchaient à disséquer chaque micro-réaction de mon visage.
Je prends une grande inspiration puis malgré ma peur, je lâche volontairement de manière sèche :
— Tu comptes me regarder comme ça longtemps ?
Le cliquetis sec de mes menottes résonne dans la pièce à chaque léger mouvement. C'est le seul son qui ose s'opposer à lui.
Aucune réponse de sa part.
Il se lève de sa chaise et s'avance d'un pas, puis d'un autre. Son ombre avale la distance qui nous sépare avec la lenteur d'un prédateur certain de sa victoire.
Lorsqu'il est assez près, je sens son odeur. Une odeur brûlante, un mélange de tabac, de cuir, de danger brut qui lui correspond tout à fait à vrai dire. Parce que je me sens en danger, seul dans cette pièce sombre en sa présence. Et ça, ça me frappe plus fort que la peur. Mon cœur s'accélère, mais ce n'est pas de la panique. Pas seulement.
Il ressort son putain de briquet puis l'allume. La flamme danse, tremblante, et sa lumière vacillante découpe son visage en deux mondes : l'ombre et le feu. Lorsque la chaleur frôle ma joue, un frisson électrique me traverse.
— Répète ce que tu viens de dire, murmure-t-il, sa voix grave frôlant ma peau.
Mon souffle se fait plus court. Il me le demande avec un calme presque cruel, et c'est ça qui me fait frissonner plus fort. Est-ce vraiment le bon choix de me confronter à lui ?
— Je te demande pourquoi je suis ici, cabrón.
Trop tard.
Un sourire étire ses lèvres, pas un beau sourire comme l'autre soir. Un sourire qui annonce une punition. Un sourire avertisseur. Il rapproche la flamme encore. Je sens la chaleur sur ma peau, fine, brûlante, dangereuse. La peur monte à ma gorge, mais je refuse de reculer. Je refuse de lui donner ce plaisir.
D'un claquement sec, il éteint le briquet à quelques centimètres de mon visage ce qui me fait légèrement sursauter.
— Tu possèdes le même caractère que ton soi-disant oncle, dit-il enfin.
Mon corps se raidit malgré moi et il le remarque.
Évidemment.
— Oh... touché ? souffle-t-il en souriant.
Il recule légèrement, mais son regard reste ancré sur moi, fouillant, calculant, devinant mes pensées avant même que je les formule.
— Je suppose que tu te demandes pourquoi tu es ici ? reprend-il calmement.
— Laisse-moi deviner... parce que je t'ai échappé au club ? Et que ta fierté n'accepte pas cette défaite ?
Il rigole de façon bref mais terrifiant d'assurance et de mépris.
— Et bien tu n'as pas tort ,c'est vrai que je n'accepte pas la défaite, mais pas par fierté simplement parce que je ne perds jamais. Cependant tu as quelque chose que je désire, continue-t-il.
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LILITH
Roman d'amourZayhrah n'a jamais cru aux sauveurs. Elle a appris très tôt que survivre signifiait fuir, encaisser et ne jamais faire confiance. Son passé n'est qu'un enchaînement de blessures qu'elle a fini par enfouir, jusqu'à oublier certaines parties d'elle-mê...
