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Mais il était presque l'heure de partir, et une éclaircie se faisait. C'était le bon moment. Nous remballions nos affaires et repartîmes.
Sorties du fort, je me retournai. Le lieu ne m'inspirait plus aussi confiance qu'à notre arrivée. On aurait dit que ses pierres étaient plus sombres que lorsqu'il pleuvait. Mais c'était sûrement la pluie. Cela me produisait un étrange sentiment, comme si le fort était... mauvais...
Je m'imagine vraiment trop de choses. "L'imagination débordante !", dirait ma mère. D'ailleurs, elle m'appelait derrière. Je m'empressais d'aller la rejoindre.

La descente fut assez rapide. Pas de pluie cette fois, et heureusement. Arrivées en bas, je remarquais qu'il avait neigé sur les montagnes voisines. Mais je voyais surtout le gros nuage noir au dessus du fort.
Je ne saurais pas dire s'il y pleuvait de nouveau, mais juste à côté, le ciel était bleu, sans nuage, et le soleil dardait ses rayons lumineux. Quel beau temps !

Une fois arrivée à notre logement, je me jetai sur mon lit, bien sûr après avoir pris mes écouteurs. J'écoutais de la musique tout en lisant le livre que je m'étais acheté la veille.
Le vent soufflait à la fenêtre, comme pour me rappeler l'enregistrement que j'avais fait. En tout cas, cela eut cet effet.

Je lançait l'audio. Les rires de ma soeur, les bruits de pas du chien... et derrière, le vent. Le vent et cet étrange sifflement.
Cela me faisait de plus en plus penser à du morse, avec ce rythme saccadé.
À l'époque, j'avais trouvé ça marrant. J'aimais bien positiver et trouver pleins de petites anecdotes pour rendre la vie plus croustillante.
Mais une fois décrypté, j'avais trouvé ça moins drôle... beaucoup moins drôle...

"Je suis derrière toi."
Répété en boucle jusqu'à la fin de l'enregistrement.

Les Sifflements du fort de RonceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant