Une ancienne femme

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Voilà quatre ans que je porte ce fardeau
Quatre ans que je t’ai vu partir sur un bateau.
Mes yeux larmoient depuis ton abandon
Et mon âme languit dans sa prison.
Même avec des centaines de tilleuls
Je n’ai pas encore fait mon deuil.

Vivre dans une ville respirant la folie
Subir les coups de ton absence,
Révèle en moi un fort sentiment d’ignominie
Qui me noie dans la démence.
Je porte ton collier de perles innocentes
Stigmate de ton éternelle inconscience.

Contemplant le somptueux soleil
Astre immortel dans les bois vermeils,
Je me remémore ton rire pieux
Et ton doux sourire voluptueux.
Si avant notre monde était un coteau,
Il est désormais pareil à l’affreux Meido.

Mais au loin, j’attends ton appel
Propageant sans cesse des merveilles
Alors, je m’élance à travers les marécages,
Ose défier le plus impétueux des orages.
Je me guide avec les échos des Kodamas
Et saute sur des millions de séquoias.

Enfin !
Sur la colline des anges déchus,
Je contemple ton doux visage ému,
Au milieu d’hirondelles chantant des symphonies,
Ainsi que des bonsaïs et de leur danse alanguie
Ô Enfance ! Nous célébrons nos retrouvailles
Mais ma peine est grande, il faut que tu t’en ailles

Les caveaux de l'âmeOù les histoires vivent. Découvrez maintenant