Nuit d'été limpide. Les grillons. Les étoiles filantes. Dehors l'air est tiède. La lune change le jardin en eau forte.
Ta fenêtre est entrouverte, les voilages animés par la brise légère.
Tu dors, presque sur le ventre, drapée de blanc jusque sur les hanches, la joue posée sur un bras. Alanguie.
Vagues reflets lunaires sur ta peau blanche. Un clair obscur de Bonnard.
Le vent léger écarte un peu les voiles, entre dans la chambre. Il te survole en silence, tel un ange bienveillant, invisible mais présent. Il frôle ta joue, ton cou, et caresse comme une plume soyeuse l'arrondi de ton épaule. Il est reparti, tourbillonnant librement autour de toi.
Il revient entre tes omoplates et descend, virevoltant de droite comme de gauche sur la soie de ton dos. Il se fait caresse. « On dirait un serpent qui danse. »
Il dessine sur ton dos des arabesques douces, déliées, et vient, dans un ultime soubresaut, remontant sur ton flanc, te mordre délicatement juste sous le sein gauche à demi découvert.
Le baiser de l'orientaliste.
Soupir, silence, au loin les premières lueurs d'un orage. La guerre éclate entre la terre moite et l'air hyalin. Tension entre le palpable et l'immatériel. Entre ta peau et le vent léger. Frissons, caresses, ondes électrisées.
Désir naissant, frôlement furtif à la naissance de ton sein, juste en dessous. Tu as replié ton bras gauche au-dessus de la tête. La caresse de l'air te soulève légèrement l'épaule mais ne te réveille pas. Ton sommeil est paisible mais fragile, inconsciemment tu es encore aux aguets de la nuit, de ses bruits, de ses odeurs, de ses mystères. La pointe de ton sein touche à peine le drap. Blanc contre blanc. Petit frisson, frottement...
Le vent s'emballe en de fugaces et invisibles tourbillons qui viennent caresser tes hanches et , comme dans un rêve, soulever le drap qui couvrait tes fesses. Dans un rêve. Car tu rêves maintenant, tes paupières s'agitent un peu, tu te retournes nerveusement, offrant maintenant la moitié droite de ton corps nu aux caprices de la brise. Les éclairs opalescents sont plus francs et habillent ta peau blanche d'une aura éphémère.
Tu rêves de paravents et le vent te pare de désir. Il frôle ton ventre, il t'embrasse le creux de la taille et contracte ton diaphragme en le piquant à peine. Et l'onde de ce mascaret vient se lover entre tes seins offerts à l'orage, comme deux mains qui viendraient s'y rejoindre,
Mouvements reptiliens de de ces deux mains qui viennent, grande ouvertes, cerner tes seins et en caresser les contours. Ta peau hérissée, pigmentée de frissons. Pointes indécentes, guettant le contact imminent de ces doigts qui s'aventurent un peu plus, qui approchent... Perception accrue de l'épiderme, de la brise, du souffle de la bouche qui est presque là...
Tu n'es qu'à moitié réveillée, le visage sur le côté, la bouche entrouverte, les poignets croisés au dessus de la tête.
La pulpe des lèvres frôle le téton, qui se contracte, saisi dans la glace... Éclairs dehors, éclairs en toi... Deux lèvres qui maintenant l'entourent, l'aspirent doucement, friandise, framboise un peu mûre... Puis la langue....
Tes reins se cambrent un peu, instinctivement tu te déhanches légèrement, tu respires plus fort. Vagues chaudes parcourant ton ventre, ressac tellurique et profond sous ta peau...
Les deux mains caressent lentement, très lentement tes seins. Arabesques douces et frottements furtifs des phalanges, une à une, contre les pointes. La langue entreprend une sarabande enhardie, rythmée, exploratrice... Le parfum et la texture de ta peau...
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Recueil De Petites Histoires
Short StoryRegroupement de plusieurs histoires plus ou moins longues sur des thèmes divers
