Chapitre 15

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En 1981...

- Voilà quelques francs, ramène vite le pain, et si tu fais bien attention tu pourras y retourner seul.
- Merci maman !

Voilà que Georges, qui n'avait que 9 ans, allait pour la première fois aller sur la place du village acheter du pain chez la boulangère, tout en explorant pour la première fois le monde extérieur.
Il faisait beau ce jour-là, alors tout le monde était de sortie, et par la même occasion les jeunes filles avaient revêties leurs belles robes fleuries.

Sur la route Georges ne pouvait s'empêcher d'observer les moindres détails du paysage qui l'accompagnait durant son trajet : il avait eu l'occasion de traverser un chemin en pierre, où il aperçut au loin des lapins le traverser rapidement pour rejoindre les champs.
Il avait aussi pu traverser un pont en bois, qui n'avait rien d'extraordinaire, sauf pour ses beaux yeux. Puis finalement il avait réussi à rejoindre la place sans le moindre problème, et directement ses yeux devenaient aveuglés par tant d'émerveillement.

Jusque-là les parents de Georges n'avaient osés le laisser s'aventurer dans le monde extérieur, redoutant qu'il ne lui arrive quoi que ce soit, ou que l'un de leurs ennemis ne se venge sur le jeune garçon.

« Bonjour ! »

Georges avançait fièrement jusqu'au comptoir où la boulangère l'attendait déjà.

- Bonjour jeune homme, où sont tes parents ?
- À la maison, ils m'ont laissé tout seul acheter le pain !
- Oh, c'est qu'ils doivent avoir confiance en toi.
- Ils peuvent oui !

La vieille femme regardait le petit garçon avec amusement, cela lui rappelait son fils quand il avait le même âge, lui aussi avait ce même entrain, et ce même regard innocent.

- Dis-moi, que veux-tu ?
- Une baguette et un pain traditionnel s'il vous plaît.
- Parfait, je te donne ça de suite.

Quelques minutes plus tard Georges avait récupéré le pain et donné la monnaie à la vieille dame.
Et durant tout le trajet le garçon ne pensait qu'à une chose : raconter fièrement à ses parents toutes les belles choses qu'il avait rencontré sur son chemin, et expliquer comment avait-il acheté comme un grand le fameux pain.

« Maman, papa, je suis de retour ! »

Aucun des deux ne répondît, cela paraissait alors étrange pour Georges.

« Maman ? Papa ? Vous êtes là ? »

Malheureusement il n'avait toujours pas de réponse.
Alors, ayant toujours les pains en mains le jeune garçon avançait vers le salon, pensant les trouver au même endroit qu'il les avait quitté, mais lorsque qu'il entrait dans la pièce la peur lui faisait tout lâcher : deux hommes se tenaient debout derrière ses parents attachés par une corde sur une chaise. Un autre homme se tenait entre les deux, souriant diaboliquement, Georges était apeuré par ses yeux qui étaient étonnamment sombres. Il avait un teint extrêmement pâle, et quelques veines de son visage se remarquaient fort.

« Bonjour Georges, je n'attendais que toi. »

Ses parents observaient désespérément leur fils, voulant crier de toutes leurs forces à Georges de s'enfuir, mais leur bouche était retenue close, commandée par une force invisible.

« Tu sais qui je suis ? »

Georges répondait simplement en bougeant la tête de gauche à droite.

« Je m'appelle Frye Slavata. Je suis un vampire. »

Aussitôt le garçon se figeait sur place, c'était la première fois qu'il faisait face à une telle créature.
Ses parents lui avaient tout racontés sur ces créatures de la nuit, des immortels assoiffés de sang, et incapable de ressentir le moindre sentiments tellement cette obsession de ce liquide rougeâtre les aveuglaient.

LUNE DE SANGOù les histoires vivent. Découvrez maintenant