3: L'appel de Seoul

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Il était six heures du matin lorsque le réveil sonna dans le silence encore endormi de la maison. Haneul ouvrit lentement les yeux, les paupières encore lourdes de sommeil. Un souffle d'air frais passait par la fenêtre entrouverte, faisant frissonner les rideaux. Comme chaque jour, elle se leva d'un bond, habituée à cette routine bien huilée. Elle enfila rapidement son uniforme : une jupe plissée noire, un chemisier blanc impeccable, et un cardigan bleu marine qui portait encore l'odeur du linge fraîchement lavé.

Elle descendit à pas feutrés dans la cuisine, prit un bol de céréales qu'elle mangea en silence, accompagnée seulement du tic-tac de l'horloge murale. Un verre d'eau plus tard, elle attrapa son sac et quitta la maison, les cheveux soigneusement attachés, l'allure déterminée.

Dehors, la lumière pâle du matin baignait les rues tranquilles. Le froid mordait légèrement la peau, mais Haneul ne ralentit pas. Il était hors de question de rater le bus et encore moins de marcher trente minutes jusqu'au lycée.

Alors qu'elle remontait l'avenue principale, une silhouette se dessina au loin, postée sur le trottoir d'en face. Une femme, visiblement adulte, l'attendait.

— Bonjour, c'est bien Haneul ? lança-t-elle d'une voix claire.

Haneul s'arrêta, interloquée.

— Oui... C'est bien moi. Vous êtes qui ?

— Je m'appelle Carla. Je suis une amie de ta mère. Je voulais justement te parler de—

— Désolée, Carla, je dois vraiment y aller. Mon bus arrive, répondit Haneul en s'éclipsant avec un sourire poli.

— Euh... au revoir, murmura Carla, un peu confuse par cette rencontre écourtée.

En descendant les quelques marches qui menaient à l'arrêt, Haneul aperçut une silhouette familière : Jojo, sa meilleure amie. Fidèle à son poste, elle l'attendait, les mains dans les poches, le regard vif malgré l'heure matinale.

— Salut ! Bien dormi ? demanda-t-elle en l'apercevant.

— Oui, et toi ?

— Plutôt bien. Dis, tu te souviens de notre promesse ? Celle de devenir stylistes pour les IDOLs de K-pop, en Corée du Sud ?

— Comment oublier ? répondit Haneul avec un sourire.

Jojo se pencha alors vers son sac et en sortit une enveloppe blanche, qu'elle tendit à Haneul.

— Surprise. J'ai acheté deux billets d'avion... pour Séoul.

Le cœur de Haneul rata un battement.

— Attends... Quoi ? Tu es sérieuse ?! C'est incroyable, mais... on va faire quoi là-bas ? Tu ne me caches rien au moins ?

Jojo esquissa un sourire énigmatique.

— Tu te souviens des tenues qu'on a dessinées, cousues, puis photographiées ? Eh bien... je les ai postées sur Facebook. Et devine quoi ? Big Hit Entertainment est tombé dessus. Ils m'ont contactée pour—

— Jojo ! Il est 7h40 ! l'interrompit Haneul, les yeux écarquillés. On va être en retard !

— Alors on court ! cria Jojo en éclatant de rire.

Les deux amies s'élancèrent à toute vitesse, courant dans les rues comme si leurs rêves dépendaient de leur ponctualité.

Les cours défilèrent à une vitesse folle. L'après-midi toucha à sa fin, et dès que la dernière sonnerie retentit, les filles sortirent du lycée, le souffle court mais l'esprit déjà ailleurs.

— Alors, tu disais ? relança Haneul.

Jojo s'arrêta, sérieuse.

— Big Hit veut qu'on travaille pour eux.

Haneul resta sans voix.

— C'est... c'est irréel. Et... c'est pour quand ?

— On part la semaine prochaine, annonça Jojo, les yeux brillants d'excitation.

Un silence tomba entre elles. Le monde semblait soudain s'arrêter autour d'elles. Une semaine. C'était si proche, si réel.

— Ok... souffla simplement Haneul, encore sous le choc.

Deux heures plus tard, Haneul était assise dans le salon de l'hôtel que sa mère dirigeait, les mains posées sur ses genoux, les doigts légèrement crispés.

— Maman... Jojo et moi... On a partagé nos créations en ligne, tu sais, les vêtements qu'on a conçus ensemble. Et Big Hit Entertainment les a vus. Ils nous proposent de travailler pour eux. C'est une vraie opportunité... Est-ce que je peux partir avec elle ? Qu'est-ce que tu en penses ?

Sa mère la fixa, silencieuse, les lèvres entrouvertes. Elle posa doucement sa tasse de thé sur la table basse, inspira profondément... puis esquissa un sourire.

La réponse viendrait. Mais pour l'instant, tout était suspendu.

À suivre...

Nul pars sans taehyungDes histoires addictives. Découvrez maintenant