Mais le passé est le passé, et je crois que je m'y suis déjà bien trop attardé, au risque de me noyer dedans.
A mon retour, quand je te reverrais enfin, allons jouer au disque. Dans le champ d'à côté, celui qui a fait débuter notre histoire. J'ai hâte de te voir, mais comme on dit, l'impatience est un vilain défaut.
Ton soleil, Apollon.
0oo0oo0
Mon soleil Apollon,
Ta lettre m'est enfin parvenu, comme une promesse alléchante. Je n'ai pas oublié non plus. Tes cheveux d'or qui se balancent au rythme du vent, ton regard qui semble percer tous mes secrets, ta voix étrangement douce pour un homme aussi fort que toi. Ton corps me manque, tes muscles presque invisibles mais qui ressortent quand tu participe aux jeux, ta peau lisse qui glisse sur la mienne.
T'avais-je déjà dit que tu sentais la rose ? Sûrement pas, ou alors j'ai oublié, ce qui ne changerai pas de d'habitude.
Tu me manques. Et la pression est bien plus dure à supporter sans toi. Les hommes et les femmes me tournent autour, essayant de m'amadouer avec des muscles ou des poèmes plus superficiels les uns que les autres. Cela peut paraitre étrange, ou alors très hautain, mais je n'ai jamais aimé ma beauté. Seul toi a su voir au-delà. Tu as vu ce qui se cachais à l'intérieur, derrière mes traits fin et mon torse bien défini.
Lorsque tu feras ton retour, après notre partie de lancer de disques, je devrais te présenter à mes parents. Ma mère en tremble déjà d'impatience, elle a pleuré de joie quand je lui ai annoncé, elle ne pensait pas que je réussirais à trouver un jour quelqu'un. Quant à mon père, il t'acceptera mais craint que tu sois pauvre ou misérable.
Et pour tes cauchemars, libère-toi de cette peur, après tout, rien de grave ne peut arriver ?
Ton tendre Hyacinthe.