Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées.
Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer.
Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface.
La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes.
Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes
[…] c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public.
Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ;
là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ;
d’autres à demi brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort...
(Candide ((L'optimisme))- Voltaire)