L’on demande à l’artiste de s’accommoder au système, on manipule le penseur pour qu’il ne s’écarte pas de l’ignorance, et on éduque les professeurs pour qu’ils offrent au futur la perspective de devoir marcher sur un glorieux sentier. La réussite est réservée à ceux qui ont été éduquée de telle manière à ne jamais trop s’éloigner.
Après tout, où aller ?
Ce n’est pas qu’il y ait jamais eu de censure, mais la société. Tout aurait pu être différent de A à Z si l’Homme n’aurait été être humain : il a grandit autour d’un socle, sur lequel se sont déposés au fur et à mesure diverses roches qui ont forgé l’esthétique, les valeurs, et l’inconscient de ce monde. La première pensée qu’il a émise influence encore aujourd’hui les idées ; et ce n’est pas pour autant qu’elle est fausse, mais qu’il n’y a aucune vérité, si ce n’est celles des sciences dures.
Alors pourquoi s’obstiner à chercher une vérité ? Pourquoi passer une vie à avoir un but, un futur, un nom ?
La seule réalité est la mort. C’est pour ça qu’elle reste inconnue, et qu’elle le restera à jamais. C’est pour ça que la peur s’est formée, puis ensuite la religion, et donc une belle part de la société, forgeant ensuite des barreaux plus solides à la pensée, et enfin, à l’idéologie.
Alors demander à l’artiste, au penseur, et au professeur de se taire n’est pas une volonté réelle de s’écarter de la société,
Mais la société elle-même qui met des murs à la pensée qui ne peut penser à son propre impensable. C’est pratique. C’est aussi prévisible, malgré la diversité naturelle des pensées à avoir —c’est ce qui fait le bien et le mal de l’être humain.
Mais penser par delà la pensée vaudrait-il ; servirait-il à quelque chose ? Existe-t-il réellement l’impensable, quelque part ?
Je crains que la réponse soit « non ». Mais il faudrait plus de place.
Mais si chaque être humain possède une pensée unique, qui dit que l’impensable n’est pas au final qu’une pensée commune à tous, or que nul ne sait formuler ?