Ah mais voilà... Comme je me parle tout seul ici, comme ce nauffragé parle à sa noix de coco dans je ne sais plus quel film, je vais faire de mon babillard, un auto-babillard. Peut-être qu'un jour, un indigène de passage viendra me dire bonjour ou s'arrêtera, curieux. J'ose juste espérer qu'il ne s'enfuira pas...
Et voilà qui caractérise assez bien la nature de l'écrivain. Tiens, écrivain ou auteur? THE question... Bon disons, pour trancher, que je penche pour l'écrivain. L'écrivain écrit. Il auteurise pas. Bref... Voilà qui caractérise la nature de l'écrivain... Une certaine solitude. Mais une solitude de façade... Il peut parler tout seul, ou s'écrire à lui-même, mais déjà, dans la tête, il n'est pas seul. Assurément ! Faut pas être seul dans la caboche pour se parler à soi même ou s'écrire des lignes sur son propre babillard. Manquerait plus qu'il y réponde. Je le ferai peut-être... Ce sera alors un vrai dialogue...A moi-même... Bref... s'il n'est pas tout seul dans sa tête sur un plan de la psyché (à priori du moins, hein???!!!), il ne l'est pas non plus puisqu'il écrit des histoires. Il a donc en permanence la compagnie de quelqu'un, de personnages aux caractères différents, aux moeurs différentes et, cela arrive, à défaut de personnages, il a des mots qui résonnent, ricoche dans la caboche tellement que le sens parfois s'y affine et que murit le mot, le sens, se polit le petit caillou qui va frapper fort et au bon endroit pour mettre toute sa puissance, son essence, son sens essentiel ou existentiel qui va venir parfumer de sa fragrance une phrase que l'on espère la mieux construite possible. Pas ici, comme sur ce babillard, dans ce monologue qui est construit à la volée, lancé comme un caillou plat qui va ricocher d'idée en idée et crocheter une dentelle grossière de sens et contre sens d'où emergeront, peut-être, quelques idées pour un futur texte, un futur ouvrage. Bref... Les divagations d'un écrivin sont parfois assez surprenantes. Sur ce, bonne soirée.