HBlacks

Ne me séparez pas de mon œuvre, je vous en conjure ! 
          	
          	Il y a des jours où faire semblant d’apprendre se réduit par le court apprentissage d’un court extrait d’un court enchaînement de beaux mots.  
          	Et un jour alors que j’avais déjà laissé mon plume en suspens, abandonné mes lecteurs en suspense, et mis en imagination en suspension, on voulut me voler ce que j’avais fait suspendre... 
          	
          	Mes œuvres. Et dans ce « mes », il y a une étymologie que je ne connais guère, mais une appartenance pour laquelle je rentrerai en guerre : je défend ce qui m’appartient (ce qui ne veut pas dire que je suis contre le communisme) parce que dans ce qui m’appartient, il y’a moi et moi c’est… 
          	
          	Je la cherche. Je la veux. Je l’aurai. Elle est belle, elle est moche, elle m’intrigue. 
          	
          	Mais en attendant, ne me séparez pas de mon œuvre. Il y a ma violence, il y a ma souffrance et il y a l’amour que ma plume souffre encore à dessiner. 
          	
          	Je n’incite pas à la cruauté de mes mots, ni à la vulgarité de ce que vous lisez. Je réfléchis dans le chaos qu’il provoque. C’est là que je suis. C’est là que d’autres sont. Et c’est une part inaliénable à ceux qui écrivent pour instruire, et non pour détruire. 
          	
          	Écrivain, choisissez votre camp, 
          	Merci de m’avoir écouter. 

HBlacks

Ne me séparez pas de mon œuvre, je vous en conjure ! 
          
          Il y a des jours où faire semblant d’apprendre se réduit par le court apprentissage d’un court extrait d’un court enchaînement de beaux mots.  
          Et un jour alors que j’avais déjà laissé mon plume en suspens, abandonné mes lecteurs en suspense, et mis en imagination en suspension, on voulut me voler ce que j’avais fait suspendre... 
          
          Mes œuvres. Et dans ce « mes », il y a une étymologie que je ne connais guère, mais une appartenance pour laquelle je rentrerai en guerre : je défend ce qui m’appartient (ce qui ne veut pas dire que je suis contre le communisme) parce que dans ce qui m’appartient, il y’a moi et moi c’est… 
          
          Je la cherche. Je la veux. Je l’aurai. Elle est belle, elle est moche, elle m’intrigue. 
          
          Mais en attendant, ne me séparez pas de mon œuvre. Il y a ma violence, il y a ma souffrance et il y a l’amour que ma plume souffre encore à dessiner. 
          
          Je n’incite pas à la cruauté de mes mots, ni à la vulgarité de ce que vous lisez. Je réfléchis dans le chaos qu’il provoque. C’est là que je suis. C’est là que d’autres sont. Et c’est une part inaliénable à ceux qui écrivent pour instruire, et non pour détruire. 
          
          Écrivain, choisissez votre camp, 
          Merci de m’avoir écouter. 

HBlacks

C’était l’histoire d’une femme. 
          
          Ça aurait dû être suffisant, mais suffisant n’est pas féminin. Suffisante l’est, mais c’est méprisant. 
          
          Méprisante de toutes les femmes, elle dandinait aux regards de ceux pour qui elle languissait. Ils lui donnaient ce qu’elle voulait, tandis qu’elle récupérait ce qui lui manquait.
          
          Elle n’avait pas une histoire heureuse, mais victime n’actionnait pas l’inéluctable position de l’innocence. Sinon ne serions-nous pas tous coupable, finalement ? 
          
          Dansant sur les ronces des regards, elle baissait le décolleté d’un cœur à vendre et d’un corps à prendre. À empoigner avec la force d’un passionné, confondu avec celle d’un prisonnier à sa propre passion. 
          
          Un jour, il arriva. Il portait les vêtements de monsieur-tous-le-monde, le parfum de qui-va-là et la douceur des mots de je-suis-poète-pour-ma-muse. Il s’infiltrât, enchérit à agrippa le corps, séduisit la marchande et acheta le cœur. 
          
          — Où donc me conduis-tu ? 
          — Au Paradis. 
          
          Et à l’amour vient la graine et à la maternité il l’a condamna et s’en alla. Puis ce qui était l’histoire d’une femme, devient l’histoire de deux femmes. 

HBlacks

Je brûle d’écrire… 
          
          J’adore ça. 
          Non pas comme on adorerait Celui qui fait naître. 
          Mais comme on aime celui qui est accouché. 
          
          Les mots s’accrochent à la peau, glisse sur les lèvres, remplissent l’estomac, écrase les organes, brise la couche d’eau et s’accouchent en une imagination envoûtante. Débordante. 
          Qui donc résiste à l’enfant qui a déjà brisé la poche du placenta ? 
          
          Moi en tout cas je ne peux pas. Je les sens bouger quelque part. 
          Parfois c’est douloureux, ils bougent sans que vie n’en sort. 
          Parfois c’est éreintant, fatigue me gagne et espoir me quitte. 
          Et chaque fois, c’est tout ce qu’il me reste. 
          
          Je brûle d’écrire parce que c’est tout ce que j’ai. Je suis convaincue que ça m’apportera tout ce que je n’ai pas. 
          
          Et pourtant, j’ai l’impression d’avoir tout perdu : le monde secret et riche du silence de mon imagination pour un récit qui doit vous plaire avant moi.  
          
          Il ne suffit pas d’aimer les étoiles, pour avoir le soleil. 
          Il ne suffit pas d’avoir des principes, pour être innocent. 
          Il ne suffit pas de se savoir mourir, pour vivre. 
          
          Vous ne comprenez pas ? C’est justement de ces mots là que je brûle. Ce monde que je m’invente. Ces sens que je me crée. Cet univers que je frôle. Cet univers que je vous implore de m’aider à toucher. 
          Mais vous savez quoi ? Ce qui brûle n’est pas la passion, c’est l’enfer. 

HBlacks

C’est honnêtement difficile. 
          
          Difficile d’écrire sans être entendue. Il faut peu de courage pour publier, mais beaucoup de motivation pour continuer. 
          
          Finalement, je ne suis vraiment pas capitaliste : je suis incapable de vendre mon livre au monstre vivant de la société. J’ai peur de me perdre. De le perdre. De tout perdre. 
          
          Je dois dire pourquoi mon livre et pas un autre. 
          En quoi il est différent. 
          En quoi il est intriguant. 
          En quoi parmi les milles autres, 
          C’est moi qu’il faut choisir. 
          
          Tout simplement parce que je n’ai absolument aucune réponse. Milles et un livre sont meilleurs que moi. Milles et d’autres sont pire (compte tenu de ma définition d’un bon, et d’un mauvais livre que je ne compte pas détailler). Il y a tant d’abondance que être unique est Neptune tandis que l’on est Mercure (ayez des références astronomiques, pitié) 
          
          Il y a un écoute-moi dans un j’écris, j’en suis persuadée. Mais rien ne dit que l’un amène forcément l’autre. 
          
          Après tout, mes mots ne sont qu’une étoile dans un ciel qui en est rempli. 
          
          Merci de m’avoir écouté. 

HBlacks

Aujourd’hui, je n’ai pas envie de parler. 
          
          Croire à son étoile dans un tourbillon de mille autre, c’est de la folie. Je suis folle, la preuve est que j’ai appuyé sur « publier » mon histoire. Ça demande moins de courage qu’on le croit. 
          Mais plus d’imagination, ça c’est certain. 
          
          Je suis triste, demain je le serai encore plus et hier je l’étais aussi. Mélancolique. Déchirée. Tiraillée. Ce que je crève de prononcer ces mots un jour, à cette foule qui fait semblant d’être heureuse. 
          
          Je sais que vous aussi, au fond, vous êtes tristes. Ce n’est pas malheureux, c’est juste dommage. 
          
          Merci de m’avoir écouté. 

HBlacks

J’ai menti. 
          
          Je ne suis pas bourgeoise. Je suis capitaliste (pas que l’un empêche l’autre, d’ailleurs). 
          
          Ce n’est pas parce que les hommes ont mit en place le patriarcat que c’est aussi eux seuls qui le maintiennent.
          Ce n’est pas parce que les blancs ont mit en place la colonisation qu’ils sont ceux qui maintiennent le néo-colonialisme. Voyez-vous, ce sont des exemples forts mais pertinent. Ce n’est pas une adhésion directe, mais c’est une adhésion quand même.  
          
          Renverse une graine graine et tu l’as nourri. Bonne, mauvaise, voulu, accident, Eurêka ! (j’avais envie de le dire, ne suis-je donc pas libre de dire ce que je veux ?!) 
          
          BREF. Je me confesse : je vais promouvoir mon livre. S’il vous plaît, ne me jugez pas. Marx se cogne sûrement le front contre sa tombe (on doit payer pour la voir, quel sarcasme !) et il a raison, mais qu’il n’oublie pas qu’il était bourgeois. 
          Moi, l’écho de ma voix est telle qu’elle résonne à mes oreilles (une belle métaphore pour dire que je parle toute seule) et dans ce monde qui échappe à ma plume, promouvoir devient une sorte de voie inévitable pour être entendue. 
          
          Grande prétentieuse, j’aimerai ne plus l’être. Écrire est le fruit de mon complexe de supériorité, discuter de ce qui est en est, c’est ce que Socrate dit de la maïeutique : la clé. Pour être meilleure (en quoi ?), consciente (de ?). Évoluer. Le savoir se cultive, et moi j’enterre mes pieds. Alors je veux parler et savoir ce que j’écris dans les yeux de quelqu’un qui ne croit pas en mon génie intellectuel (pas un hater, débattre c’est pour les narcissiques). Apprendre à lever les yeux. 
          
          Je suis confuse de ce que j’écris. Désolé de me mélanger. Merci de m’écouter. 
          
          

HBlacks

J’ai changé d’avis. 
          
          Je ne vais pas changer le monde et je ne vais plus écrire pour révolutionner. 
          
          On est tous prétentieux (en tout cas je le pense, et si non alors ne me le dites pas ou je serai gênée). Écrire donne un pouvoir et surtout une opportunité : réunir. On en devient encore plus prétentieux mais si l’écriture pouvait véritablement réformer est-ce que nous ne serions pas déjà dans le monde parfait ? 
          
          Socrate est mort.
          Orwell est mort. 
          Arendt est morte. 
          Camus est mort. 
          Fanon est mort. 
          Rimbaud est mort, aussi. 
          
          Les genres varient, les réflexions sont profondes, les préventions sont avérées, les dystopies deviennent présent. Si l’écriture avait le pouvoir d’empêcher et que la maïeutique était la clé à l’éveil, que la volonté de l’imagination et la révolte intérieure suffisait alors je ne vous écrirai pas. Puisque je n’en aurai pas besoin — du moins, je penserai comme ça, rappelez-vous de la Boétie, référence niche de qui est à son aise d’une liberté trompeuse s’y endort conscient (bien sûre, je n’ai pas lu le discours de la Servitude Volontaire) 
          
          Peut-être finalement que le bonheur n’existe pas, que la révolution n’aboutira jamais et que la crise sera éternelle. Que nous sommes condamnés à perpétrer le massacre de l’ère, du siècle, de l’avant millénaire dernier au grands bonheur des poussières de cendres d’anciens dirigeants. Mais je suis de gauche. (Je ne vais pas faire de politique mais si un jour je deviens célèbre, notez bien dans quel camp je me trouve et dites « clock it Queen»). Donc peu importe si le bonheur éternelle n’existe pas, je serai triste et je continuerai de me battre pour que d’autres croient qu’on pourra l’être un jour. 
          
          Nous avons tous été innocent (ou plutôt, nous devrions tous l’être). Je ne vois pas pourquoi ça devrait s’arrêter maintenant, si ça n’est pour le meilleur. 
          
          J’écris de plus en plus. Merci de m’avoir écouté. 

HBlacks

À quoi penses-tu ? 
          
          Ça m’intéresse un peu. Mais je veux aussi que tu t’intéresses à moi donc je vais te dire ce à quoi je pense puisque je parle toute seule. Je pense que je suis une bourgeoise. 
          
          Une bourgeoise pauvre, aux parents tout aussi pauvres. Ma mère est certes un peu coloriste, mon père est certes un salaud à lunettes — mais rien qui ne fait d’eux des bourgeois (sauf peut-être le premier truc de mon père) 
          
          Je m’accuse et ça ne fait peut-être pas de sens à vous qui lisez ( et à toi aussi, mon futur grand amour mystérieux qui passe « par hasard » ici), mais j’aime bien ce mot. Il me fait penser aux bourgeons (je sais pas à quoi ça ressemble). Et c’est justement ça qui fait de moi une bourgeoise.
          
          J’aime les lettres belles comme si elles valaient plus que d’autres, les mots bien enchaînés qui font de moi une lectrice privilégiée, les réflexions aux milles sens qui me font croire à l’accroissement d’un esprit critique des plus raffinés et les citations dont je ne connais même pas le sujet d’où il est extrait (oui, je parle des citations de Jean d’Omersson que je lance à tout va : je n’ai jamais touché ses livres, et je pensais qu’il était noir).
          
          Voici mon aveux : je suis un peu prétentieuse et un peu superficielle (pour ne pas dire beaucoup, laissez-moi donc un peu de dignité ô lecteurs imaginaires — et toi aussi, mon grand amours mystérieux) et peut-être beaucoup triste. Très triste en fait. Coupable. Méchante. 
          
          Je rêve que quelqu’un me lise et me dise : « non, tu n’es rien de tout ça, tu es plus que ». Puis je ne me remets pas en question, je fais pousser des ailes à mon dos et je m’envole dans le monde des rêves. Abstenez-vous, je suis naïve plus ce que je ne laisse croire. Je serai détruite si un jour vous le réitérez. 
          
          Je n’avais jamais dit ça nulle part, ça fait du bien. 
          Merci de m’avoir écouté. 
          
          

HBlacks

Bon… je parle beaucoup, mais encore une fois je n’ai nul part d’autre où le faire. Je ne sais pas si un jour quelqu’un lira ça et peut-être que je m’en fous (je ne pense pas, mais je ne suis pas obligé d’être honnête avec vous – bon peut-être que je tomberai sur la perle rare par « hasard », que je serai prise dans le tourment qu’est l’amour et que je raconterai à mes enfants comment est-ce que un simple vide cœur a pu me conduire à la plus belle rencontre de ma vie) 
          
          Voyez-vous, je suis écrivaine (je ne sais pas s’il faut forcément un diplôme pour l’être et cette fois, honnêtement, je m’en fiche vraiment), donc mon esprit s’égare souvent. Je rêve debout, je cauchemarde la nuit et je pense le reste du temps. A des choses utiles, inutiles, philosophiques quoi… et puis je me dis que je me comporte comme une bourgeoise : mes réflexions existentielles absolument superficielles me laissent planer sur un cocon hors du temps, pendant que le temps lui continue de tourner vers des heures toujours plus obscures. 
          
          Peut-être qu’au fond de moi je ne suis qu’une enfant d’ouvrier qui rêvait d’avoir la plume de Roald Dahl (sacrée sorcière à été mon premier roman quand j’étais en primaire, je suis tombée amoureuse du roman à partir de là) pour pouvoir attirer les yeux d’un monde sur moi. En échange, je leur faisais découvrir le mien. Mais vu que personne ne m’écoutait, je me suis mise à écrire. 
          
          Je me sens un peu triste. C’est ce que j’essaie d’écrire depuis le début. Merci de m’avoir écouté.