EXTRAIT DE LA RÉECRITURE DE SÉLÉNITE WOLF :
— Ne me regarde pas comme ça, murmura-t-il, sa voix légèrement plus rauque, alors que leurs visages n’étaient plus séparés que par quelques centimètres.
— Comme quoi ? fit-elle, un coin de ses lèvres se relevant malgré elle.
— Comme si… je valais la peine d’être sauvé.
Elle déglutit, consciente de la chaleur qui lui montait aux joues.
— C’est parce que c’est ce que je vois, Kay, souffla-t-elle, un frisson dans la voix. Et j’aimerais que tu te voies comme je te perçois.
Il la détailla longuement, comme s’il voulait graver chaque trait de son visage dans sa mémoire. Ses yeux s’attardèrent sur ses lèvres, si proches, presque offertes. Freya, fiévreuse de ce désir qu’elle n’osait plus dissimuler, pinça légèrement sa lèvre inférieure.
La main de Kay se leva, hésitante au départ, effleurant sa joue avant de glisser lentement le long de son cou. Il la désirait, cela ne faisait plus aucun doute. Dans les yeux brillants de la jeune femme, il lut un éclat qui fit céder les dernières barrières qu’il avait dressées autour de son cœur. D’un geste plus assuré, il agrippa sa nuque, se rapprochant d’elle.
— Je n’aurais jamais cru ça possible, murmura-t-il dans un souffle mesuré.
— Qu’est-ce que tu n’aurais jamais cru possible ? souffla-t-elle contre ses lèvres qui ne se touchaient pas encore, sa main droite se glissant dans ses cheveux.
— Croire que m’imprégner de toi est une question de vie ou de mort.
Le cœur de Freya battait à tout rompre. Elle ferma les yeux, sa main serrant l’avant-bras de Kay comme pour l’ancrer à elle. Sa respiration se mêlait déjà à la sienne, la chaleur de son corps irradiait contre le sien. Leurs lèvres s’effleurèrent à peine…
Lorsqu’un cri retentit, brisant net la tension.